Belle mais froide Aïda au festival de Salzbourg avec Anna Netrebko

CC0 Creative Commons

Nous avons profité de la retransmission par Arte de la représentation de l’opéra de Verdi Aïda avec dans le rôle-titre l’immense Anna Netrebko, accompagnée dans la fosse par le non moins célèbre Riccardo Muti à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Vienne.
Difficile sur le papier de rassembler autant de prestige : Salzbourg, Netrebko, Muti, le Philharmonie de Vienne… Ce devait être un moment exceptionnel.
Alors pourquoi avons été nous déçus ?
Nous n’avons pas été sensible au rendu final. La mise en scène, glaciale, nous a laissé de marbre. Cela ne prend pas, ne vit pas. Les chanteurs restent dans leur coin, n’arrêtent pas de prendre des poses beaucoup trop théâtrales en levant le bras, figé dans les airs, à agiter des voilages inutiles. La metteur en scène d’origine iranienne Shirin Neshat a favorisé une approche très photographique, jouant sur le clair obscur et sur le code couleur des costumes. Mais le rendu a la saveur de la beauté froide. S’ajoute à cela une dimension sociale, en lien avec l’actualité, par de savantes touches mais qui ne nous a pas semblé servir l’œuvre qui avait déjà du mal avec le reste des éléments de la mise en scène.
Dommage parce que pour le reste nous avons été conquis.
Pour les voix, Anna Netrebko qui faisait ici sa prise de rôle d’Aïda est sublime avec vocalement une élégance et une aisance toujours plus impressionnante. Mais nous retiendrons aussi et presque surtout un très bel équilibre avec les autres solistes. Ekaterina Semenchuk qui semble moins habitée par son rôle reste puissante et menaçante sous les traits de la rivale Amnéris. Chez les hommes, tant l’amoureux transis Francesco Meli (on a reconnu le Leicester qui nous avait déjà plu en 2010 dans Maria Stuarda avec Mariella Devia) que le père Luca Salsi sont présents, vocalement impeccables et habités par leurs personnages. Enfin soulignons les chœurs, très importants dans cet opéra, et qui ici font honneur à la partition avec un jeu vocal intéressant qui fait presque écho au clair obscur voulu dans la mise en scène.
 
Dans la fosse, saluons l’Orchestre Philharmonique de Vienne dirigé par un Riccardo Muti très inspiré. Sous ses doigts le triomphalisme guerrier fait place à la douceur d’une complainte avec la souplesse et l’aisance d’un souffle. Un grand bravo à celui que nous considérons comme le plus grand chef actuel et à juste titre.
Donc, une très belle production mais une mise en scène qui nous semble peu pertinente et qui empêche un rendu final éblouissant.
 
Sur le site d’Arte et à Salzbourg jusqu’au 25 août.
 

Dans la série des opéras dans les festivals de l’été, souvenez-vous, nous vous avions parlé de Carmen à Aix.

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