Opéra : Fantasio au Théâtre du Châtelet

CC0 Public Domain

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Nous étions de sortie hier avec l’opéra Fantasio de Jacques Offenbach dans une production de l’Opéra-Comique en travaux et qui donc prend possession du Châtelet, bientôt en travaux également. Entre vieux théâtres on sait se rendre service.

Tout nous a poussés à prendre une place pour cette production (au-delà du tarif jeune à 35 ans et de notre passion pour Offenbach). Fantasio fait partie des opéras trop rarement donnés d’Offenbach au profit des très célèbres Orphée aux enfers, La Belle Hélène et autre Périchole et loin de nous l’idée de bouder notre plaisir mais nous sommes du coup ravis de pouvoir nous plonger dans une œuvre plus exceptionnelle et musicalement superbe qui nous permet de nous immerger dans la large palette de talents de Jacques Offenbach.

En 2015 la production de Fantasio en version concert au Festival de Radio France et Montpellier avait fait sensation avec Marianne Crebassa dans le rôle-titre. Et c’est cette même Marianne Crebassa que nous apprécions tant (souvenez-vous de ce concert à la Philharmonie de Paris), qui est à l’affiche de ces nouvelles représentations au Théâtre du Châtelet. La mise en scène et assurée par le jeune et talentueux Thomas Jolly. Comédien et metteur en scène, Thomas Jolly vient à la base du théâtre et nous sommes très sensibles aux mises à scène des hommes de théâtre à l’opéra. Enfin, s’il fallait une autre raison, c’est l’Orchestre Philharmonique de Radio France (avec à sa tête Laurent Campellone) et le Chœur Aedes qui accompagnent les solistes.

Sur le papier, situation idéale.

Et concrètement ? Quelle réussite…

L’orchestre est souple et délicat, parfaitement à sa place. Les Ouvertures d’Acte sont des pépites. Un premier grand bravo à Laurent Campellone pour sa direction et à l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Ensuite la mise en scène de Thomas Jolly est impeccable. Tout Offenbach est là, poétique, pétillant, joyeux et élégant. Le travail sur les lumières donne à l’œuvre et à son exécution une couleur parfaite.

Enfin les voix avec notamment le Prince de Mantoue, campé par Jean-Sébastien Bou puissant et juste dans le jeu. On retiendra ce nom que nous ne connaissions pas. Malheureusement Marie-Eve Munger en Princesse Elsbeth nous paraît un peu faible. Mais Marianne Crebassa qui nous a déjà habitués à l’excellence est à la hauteur de son talent. Joyeuse, investie, vivante, vocalement encore une fois impressionnante elle est un Fantasio haut en couleurs. On ressort du Châtelet en chantonnant, sans avoir vu passer la soirée.

Vive Offenbach ! Il reste des places.

Notre dernier concert ? Souvenez-vous.

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