Concert : James Gaffigan dirige l’Orchestre de Paris à la Philharmonie avec Bertrand Chamayou et Xavier de Maistre

© Ricky Thakrar – Flickr

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La saison n’avait pas vraiment démarré pour nous tant que nous n’étions pas retournés à la Philharmonie. C’est désormais chose faite avec le concert d’hier soir de l’Orchestre de Paris dirigé par James Gaffigan et avec Bertrand Chamayou et Xavier de Maistre en solistes superstars.

Bertrand Chamayou on ne le présente plus. Célèbre pianiste français, nous avions eu l’occasion de l’entendre au Palais des Beaux-arts de Bruxelles il y a quelques années nous vous en avions parlé. Nous n’avons eu de cesse de louer son jeu et sa sensibilité tant en concerts que dans ses enregistrements (on retiendra notamment des albums Liszt et Schubert remarquables). Même constat pour Xavier de Maistre, autre étoile de la musique française, cette fois à la harpe et à la renommée internationale. Il revient tout juste d’une série de quatre concerts avec Riccardo Muti… On retrouve l’Orchestre de Paris que nous avions quitté au mois de mai, souvenez-vous, mais avec cette fois-ci James Gaffigan à la direction, chef américain, membre des orchestres de Lucerne, du Gürzenich-Orchester et du Radio Filharmonisch Orkest des Pays-Bas. On le retrouvera à Paris au mois d’avril avec Renaud Capuçon et l’Orchestre national de France.

Le programme de la soirée est consistant. Pour démarrer, un poème symphonique de César Franck, compositeur d’origine belge mais figure majeure de la musique romantique française du XIXème siècle. Le Chasseur maudit reprend un poème allemand retraçant l’histoire d’un comte préférant la chasse à la messe qui est donc maudit, damné et poursuivi par des démons. La soirée se poursuit avec un incontournable : le Concerto pour piano n°1 de Liszt. Œuvre conséquente, créée en 1855 par le compositeur lui-même et Berlioz à la direction, elle impressionne lors de son exécution par sa puissance et son lyrisme. Élève de César Franck et ami de Debussy, Gabriel Pierné est un compositeur français prolifique pas assez reconnu et dont le Concerto pour harpe et orchestre (ou Konzertstück pour les puristes) et une pièce sublime et délicate. Enfin, le concert se termine par une partition sombre avec le poème symphonique Totenfeier de Gustav Mahler qui nous interroge sur le sens de la vie et de la mort.

 

  • Compte-rendu :

Ouverture du programme avec César Franck. Très belle maîtrise des montées dramatiques. James Gaffigan est fluide, entier, les yeux fermés, dans le ressenti. Sa direction est à la fois manuelle et corporelle. Il se dégage de l’orchestre un bel équilibre entre les cuivres et les cordes.
Dans le concerto de Liszt Bertrand Chamayou déploie une palette de sentiments impressionnante. Nerveux, ludique, amoureux, son jeu donne toute sa dimension à la partition. À cela s’ajoute une technicité parfaitement maîtrisée. On ne peut être que sous le charme. Le chef prend plaisir, sourit et continue de nous enchanter par sa direction si fluide. Une transcription pour piano de Liszt d’un lied de Schubert en rappel, peut-être un peu moins nuancée, et nous voici à l’entracte.

Rien à redire pour le Gabriel Pierné. L’orchestre et le chef nous séduisent toujours autant. Malgré son beau sourire Xavier de Maistre nous emballe moins, est parfois un peu sec, mais c’est aussi que l’œuvre nous a peu touché car pour le rappel le soliste nous gratifie du Rossignol (mélodie d’Alabiev, transcription pour harpe par Henriette Renié et pour l’anecdote pour piano par Liszt) qui nous a plus convaincu avec une finesse de jeu remarquable.
Enfin avec Mahler, bravo aux percussions qui donnent à la partition ses vraies couleurs. Le chef s’avance dans l’orchestre pour les saluts et remercie quasiment chaque pupitre dénotant une vraie entente entre musiciens et chef, entente qui s’est ressentie tout au long du concert.

Rendez-vous ce soir la Philharmonie pour la reprise du concert d’hier et pour vous faire votre propre opinion !

La semaine dernière nous étions Salle Gaveau dans un tout autre registre.

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