On a vu Madama Butterfly à l’Opéra de Paris

© Ле Лой- Wikimedia

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Un mouvement de grève et deux annulations de première plus tard, nous voici dans la salle de l’Opéra Bastille pour, finalement, l’ouverture de la saison de l’Opéra national de Paris avec la reprise de Madama Butterfly, dans une mise en scène de Robert Wilson.

Pour une fois à l’opéra, l’histoire peut être résumée simplement : dans le Japon du tout début du XXème siècle, un lieutenant américain épouse une jeune geisha du nom de Cio-Cio San, «papillon » en japonais. Il rentre aux États-Unis et ne donne plus de nouvelles pendant plusieurs années. Cio-Cio San, follement amoureuse et qui a eu le temps de tomber enceinte, attend son retour. Il revient, mais avec sa nouvelle femme. Cio-Cio San désespérée, leur confie l’enfant, et se donne la mort devant celui qui aura été son mari.

Puccini était très fier de son opéra. Il découvre la pièce Madame Butterfly en 1900 à Londres et se précipite pour avoir les droits d’adaptation. Quatre ans plus tard, c’est la première à la Scala de Milan. Et c’est un échec ! Puccini retouche son œuvre qui connaîtra le succès qu’elle mérite.

Reprise d’une production avec la mise en scène et assurée par l’immense Robert Wilson, grand habitué des scènes d’opéras du monde entier. Artiste aux compétences multiples il assure aussi la lumière et les décors. Dans le rôle-titre la belle et jeune Ukrainienne, Oksana Dyka, qui loin de découvrir la partition qu’elle a notamment interprété dans les arènes de Vérone, connaît une carrière impressionnante allant de Rome à New York en passant par Berlin et Moscou très souvent dans des très grands rôles de l’opéra italien. Et c’est un autre expert qui sera avec elle sur le plateau : Piero Pretti, ténébreux ténor italien qui s’envolera à Vienne après Paris, toujours pour Puccini avec La Bohème. Enfin c’est le jeune et talentueux chef d’orchestre Daniele Rustioni qui sera en fosse. Il sera à partir de la rentrée 2017 le nouveau chef permanent de l’Opéra national de Lyon.

Compte-rendu de soirée

Belle direction de Daniele Rustioni. Il sert la partition avec puissance même parfois au détriment de l’équilibre avec les voix. Cela contrebalance la mise en scène de Robert Wilson qui certes donne à l’œuvre une grande modernité mais qui reste très froide avec comme volonté de limiter le jeu scénique des chanteurs (sûrement une référence au théâtre Nô). Sur le plateau, de très beaux jeux de lumière mais un décor et des costumes très (trop) épurés.

Piero Pretti, Annalisa Stroppa et Gabriele Viviani sont justes dans leurs rôles respectifs mais sans éclat. Oksana Dyka, asssurée en Butterfly, n’échappe pas à la critique de l’absence d’étincelle. 

Nous ne sommes donc pas convaincus, la mise en scène nous ayant surtout empêché d’être séduits par l’ensemble.
Sur la scène de l’opéra Bastille jusqu’au 13 octobre. À vous de vous faire votre propre opinion !

La dernière fois que nous sommes allés à l’Opéra de Paris ? Souvenez-vous.

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