On a vu : La Belle Hélène au Théâtre du Châtelet

 

 © Public Domain

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Après notre première fois à la Philharmonie de Paris, nous avons cette fois découvert une salle beaucoup plus ancienne : le Théâtre du Châtelet pour la première de La Belle Hélène.

Pièce majeure d’Offenbach, créée en 1864 au Théâtre des Variétés à Paris, La Belle Hélène est un opéra-bouffe en trois actes, qui revisite la mythologie grecque. En bref, la déesse Vénus promet au prince troyen Pâris l’amour de la plus belle femme du monde, qui n’est autre qu’Hélène, reine de Sparte et épouse du roi Ménélas. Ni une ni deux, Pâris débarque à Sparte et finit par enlever Hélène ce qui déclenchera la fameuse guerre de Troie.

Dans la version d’Offenbach, cette histoire prend des airs de pièce de boulevard avec pour objectif de se moquer de la bonne société parisienne du Second Empire. Ménélas est un mari trompé naïf, Pâris un jeune amant fougueux et prêt à tout et Hélène une femme sensible à la jeune beauté du prince troyen. Nous avons en tête la version avec Felicity Lott, déjà une production du Théâtre du Châtelet en 2000, qui incarnait superbement La Belle Hélène, à la fois capricieuse, drôle et insouciante.

Dans cette nouvelle production, c’est Gaëlle Arquez qui incarne la reine de Sparte. Très à l’aise à la fois dans Mozart, Rameau ou Massenet, elle a déjà interprété ce rôle au Capitole de Toulouse. Cette très belle chanteuse a une éventail de possibilités impressionnant et son goût pour les prises de rôles et prises de risques lui confère un charme indéniable. Merto Sungu, ténor d’origine turque mais ayant fait ses classes en Italie, lui donnera la réplique sous les traits de Pâris. Lui aussi semble aimer la diversité musicale tant ses prestations sur scène sont variées : Britten, Mozart, Donizetti… La mise en scène est assurée par le duo Giorgio Barberio Corsetti et Pierrick Sorin, adeptes de la découverte, de l’utilisation de la vidéo et du mélange des genres. À la direction de l’Orchestre Prométhée, ensemble abonné aux grands événements et partenaire de Radio Classique, le jeune Lorenzo Viotti qui après seulement quelques années de carrière est déjà un invité régulier des grandes formations.

Mise en scène inhabituelle : les artistes doivent jouer face à des caméras qui retransmettent sur trois écrans suspendus en fond de scène avec des effets numériques et l’ajout d’un décor fictif. Surprenant mais on sent qu’on est un soir de première. Beaucoup de petites défaillances sur les vidéos, les lancements et les positionnements des chanteurs. Quant au surtitrage on frise le n’importe quoi…

On n’arrive pas à se décider tout de suite sur les choix de mise en scène. Au début nous trouvons l’utilisation de la vidéo intéressante, moderne. Mais si techniquement l’installation a sûrement été compliqué, on finit par trouver que c’est un peu facile et que venir au théâtre pour voir une scène tout en bleue (comme le fond vert cher à la télévision et au cinéma) et regarder une représentation sur des écrans avec une mise en scène informatique, ça perd de son charme.

La voix de la chanteuse est très très particulière et nous mettons là aussi un peu de temps avant de nous décider. Mais force est de constater que nous sommes séduits par ce timbre entre la mezzo et la soprano, puissante et assurée. Gaëlle Arquez, très belle, incarne une Hélène convaincante.

Un grand bravo à Gilles Ragon (Ménélas), Marc Barrard (Agamemnon) et Kangmin Justin Kim (Oreste), très très bons vocalement et dans leurs jeux. Les chanteurs sont impliqués, amusés et amusants, pour notre plus grand plaisir. Dommage pour Merto Sungu (Pâris) qui est un peu faible.
Le chœur n’est pas non plus totalement au point et manque de clarté à certains moments dans sa diction.
Gros problèmes de rythmiques avec l’orchestre qui ne se cale pas avec les chanteurs et qui va parfois trop vite obligeant les artistes à forcer et à être trop rapides.

Finissons sur une note positive et soulignons la prestation pertinente du « mime-acrobate » Julien Lambert qui apporte une vraie énergie et originalité à cette production.

Pas très convaincu donc par cette Belle Hélène. Tant pis. 

Notre première à la Philharmonie ? Souvenez-vous…

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2 thoughts on “On a vu : La Belle Hélène au Théâtre du Châtelet

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