Concert : Alisa Weilerstein, Emmanuel Krivine et l’Orchestre de Paris à la Philharmonie

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On vous l’a déjà dit : nous aimons beaucoup la nouvelle salle de la Philharmonie de Paris. Du coup on a craqué et on a pris un abonnement pour la saison prohaine. Mais 2015-2016 c’est loin… Alors on a aussi craqué pour la soirée d’hier avec Emmanuel Krivine, Alisa Weilerstein et l’Orchestre de Paris.

Emmanuel Kirvine, a-t-on besoin de vous en parler à nouveau ? Nous avons déjà eu l’occasion à plusieurs reprises de dire tout le bien que nous pensons de ce chef à la direction élégante, assurée et simple. A la tête de son ensemble de la Chambre Philharmonique ou comme ici avec le prestigieux Orchestre de Paris, c’est toujours un plaisir d’assister aux prestations d’Emmanuel Krivine. Avec lui sur scène, la jeune Alisa Weilerstein. Jeune violoncelliste américaine, Alisa Weilerstein a déjà la notoriété des plus grands solistes. Ses interprétations du concerto d’Elgar avec Daniel Barenboim dont une version sortie chez Decca en 2013, ont fait décoler sa carrière et lui ont ouvert les portes des plus grandes salles internationales. L’Orchestre de Paris, que nous n’avons pas eu l’occasion d’entendre récemment et qui soulignons-le au passage, signe une très belle programmation 2015-2016, s’est mis au service de la baguette d’Emmanuel Krivine. En résidence à la Philharmonie, l’Orchestre de Paris fait partie de ces formations françaises de prestige dont le rayonnement dépasse nos frontières.

Au programme le célèbre Concerto pour violoncelle et orchestre de d’Antonín Dvorák. Compositeur tchèque aux neuf enfants et neuf symphonies, il compose ce concerto à la toute fin du XIXème siècle entre les Etats-Unis et sa Bohème natale. Abouti et inspiré, ce concerto est aujourd’hui une des partitions majeures du violoncelle. Compositeur allemand, ami de Dvorák et très souvent comparé à Beethoven, Johannes Brahms et sa sombre Symphonie n°1 constitue la suite du programme de la soirée. Créée également à la fin du XIXème siècle mais antétieure au Concert pour violoncelle et orchestre de Dvorák, la Symphonie n°1 de Brahms est considéré comme un prolongement des symphonies de Beethoven.

Résultat ?

Difficile de rester insensible au concerto de Dvorák. Hier soir ne fait pas exception. L’attaque est nerveuse, dans le bon sens du terme. On est pris tout de suite. Très belle sensibilité et même douceur dans les mouvements lents surtout de la part de la soliste. La direction est peut-être un tout petit peu trop rapide mais avec malgré tout une très grande justesse d’exécution. Dès le second mouvement du concerto on se rend à l’évidence : l’orchestre nous bluffe. Dirigé d’une main de maestro par Emmanuel Krivine, il dégage une puissance et une pertinence impressionnante. Bravo aux cuivres qui imposent une ambiance presque religieuse. Très belle maîtrise des nuances de la part d’Alisa Weilerstein. Dans le troisième mouvement quelle verve d’Emmanuel Krivine ! Quant à la soliste elle donne toute sa profondeur à la partition mais c’est réellement l’orchestre qui nous séduit de par son souffle.

Un petit rappel et un entracte plus tard, on aborde la symphonie de Brahms. L’attaque est encore une fois plutôt rapide mais nous mettrons ça sur le compte du choix d’interprétation et c’est finalement ça qui nous plaît chez Emmanuel Krivine, très beethovévien dans la suite de l’exécution. L’orchestre confirme sa maîtrise et la séduction qu’il exerce sur nous. Emmanuel Krivine impressionne encore par sa direction à la fois énergique, vivante et souple. Le chef développe toutes les subtilités de l’oeuvre. Il a la fraîcheur d’un jeune prodige et la richesse des années d’expérience. Ajouté à la performance de l’orchestre ce sont les deux éléments que nous retiendrons de ce concert.

Bravo à Emmanuel Krivine et l’Orchestre de Paris pour cette belle soirée.

La dernière fois à la Philharmonie ? Souvenez-vous.

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