Concert : cycle Beethoven avec Philippe Jordan à l’Opéra national de Paris

© Joseph Karl Stieler [Public domain], via Wikimedia Commons

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Une soirée à au Palais Garnier ne peut pas vous laisser indifférent. Hier nous étions au concert de Philippe Jordan avec l’Orchestre de l’Opéra national de Paris. Il s’agissait de la première partie d’un cycle de cinq concerts reprenant les neuf symphonies de Beethoven. La soirée d’hier était consacrée à la seconde et la septième.
Que de séduction ! L’Orchestre de l’Opéra national de Paris est l’un des meilleurs en France. Avec Philippe Jordan à sa direction musicale depuis 2009, on assiste à une véritable alchimie. Philippe Jordan c’est le fils d’Amin Jordan. Né en Suisse, il commence très tôt et devient rapidement assistant de Daniel Barenboim donnant très vite à sa carrière une spécialisation en direction du lyrique. Discret, élégant, assuré, incisif, Philippe Jordan est à tout juste 40 ans un directeur musical de renom à la tête de l’Opéra national de Paris et de l’Orchestre symphonique de Vienne. 
La Symphonie n°2 de Beethoven est peut-être la moins connue des symphonies du compositeur allemand. Créée en 1803 (en même temps que le Concerto pour piano n°3) elle correspond à une période compliqué pour Beethoven dont la surdité vient de se déclarer et qui compose cette symphonie en même temps qu’il rédige le fameux Testament de Heiligenstadt. La Symphonie n°7 bénéficie quant à elle d’une notoriété beaucoup plus grande. Composée en même temps que la n°8, elle rencontre un grand succès lors de sa création en 1813. Elle est elle aussi en quatre mouvements et l’Allegretto aux allures de marche funèbre, est un des « tubes » du classique.
Philippe Jordan est investi. Il fléchît les jambes, finit presque accroupi. En ce début de concert avec cette seconde symphonie de Beethoven, le chef n’attend pas pour nous proposer sa vision de la partition. Sa lecture est simple, claire et efficace. Très vite, nous sommes frappés par la qualité de l’orchestre. Quelle union, quelle clarté. Même visuellement la formation est vivante et se mouve avec grâce. Le second mouvement est presque ludique avec des envolées lyriques. Mais l’ensemble manque parfois de nervosité. Enfin, le dernier mouvement est très réussi et offre un beau final pour cette première partie. Au final, une belle exécution, solide, mais qui ne propose pas de réelle nouveauté. 
Après l’entracte on entame la Symphonie n°7. Dès le premier mouvement, Philippe Jordan apporte une subtilité nouvelle, un vrai vent de fraîcheur. Bravo aux bois, délicats, pertinents. L’ensemble nous séduit très rapidement. Dans le célèbre second mouvement, le chef joue sur les effets avec talent. Il va chercher la gravité presque physiquement (sa main plonge, ressort le moins serré) et l’accentue tout en restant d’une grande finesse. L’attaque du quatrième et dernier mouvement et la meilleure de toute la soirée. La vivacité avec laquelle les musiciens entament cette conclusion est un véritable coup de fouet à cette fin de soirée. Philippe Jordan nous raconte une histoire. L’interprétation est nerveuse, bouillonnante. Bravo.
Une soirée à la qualité crescendo qui finit en apothéose.
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