Concert : Lionel Bringuier à la Salle Pleyel avec l’Alma Chamber Orchestra

© Eole - Flickr

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Chaque soirée est unique à la Salle Pleyel. Hier soir Louis s’y est à nouveau rendu. Au programme Prokofiev, Mendelssohn et Beethoven.

L’ouverture sur des thèmes juifs de Prokofiev est une œuvre courte du compositeur russe. Inspiré d’airs traditionnels il s’agit à la base d’une œuvre pour musique de chambre que Prokofiev a composé en 1919 pour un ensemble juif à New York, le compositeur ayant du quitter la Russie soviétique. Prokofiev en fera plusieurs années après une version pour orchestre.
Le Concerto pour violon en mi mineur de Felix Mendelssohn fait partie des partitions incontournables du violon et du romantisme allemand en particulier. Singulier de part sa forme (c’est notamment le violon qui attaque immédiatement sans exposition de l’orchestre) ce concerto est le deuxième de Mendelssohn, composé quelques années avant sa mort. Richesse mélodique, puissance chromatique… Impossible de rester insensible à ce concerto.
C’est à l’âge de 42 ans que Ludwig van Beethoven compose en parallèle les 7ème et 8ème symphonies. Nous aimons beaucoup la symphonie n°7 surtout pours on second mouvement, dramatique, profond en forme de marche funèbre. Lors de la création, c’est Beethoven lui-même qui dirige et alors qu’il avait déjà des problèmes d’audition il rencontre un très grand succès.

A la baguette l’un des prodiges français, le jeune Lionel Bringuier. S’il se chuchote que Radio France l’a dans son viseur, le chef niçois a pour l’instant une très belle carrière internationale. Chef en résidence à Los Angeles, directeur musical à Zurich et à Valladolid, lauréat du concours de Besançon, violoncelliste dès l’âge de 5 ans… La biographie de Lionel Bringuier n’est qu’une suite d’exploits.
Il est pour cette soirée accompagné de trois solistes. Au violon Nikolaj Znaider également connu pour ses talents de direction. Artiste en résidence à Londres, Dresde et aujourd’hui Berlin, né en 1975 à Copenhague il est lauréat du concours Reine Elisabeth.
A la clarinette Philippe Berrod, premier clarinettiste à l’orchestre de Paris qui a en parallèle une intense activité en tant que soliste invité. Enfin, au piano Denis Pascal, pianiste français originaire d’Albi, soliste invité dans le monde entier et pédagogue unanimement reconnu.
Pour accompagner tout ce beau monde, l’Alma Chamber Orchestra. Il s’agit d’un orchestre d’une quarantaine de musiciens créé il y a moins d’un an à Paris autour de la figure d’Anne Gravoin, premier violon de l’orchestre et dont la direction artistique est assurée par elle et les chefs invités.

 

Ambiance électrique hier soir dans une Salle Pleyel archi comble avec un parterre de personnalités politiques du Premier Ministre venu applaudir son épouse à la Ministre de la Culture en passant par la Maire de Paris. Le concert démarre un peu en retard avec Prokofiev et les notes de clarinette imposent immédiatement le silence dans la salle. Belle entrée en matière. Lionel Bringuier favorise une unité d’ensemble et semble très à l’aise tout comme le soliste qui, par contre, en fait trop dans la gestuelle.

Avec Mendelssohn et le célèbre premier mouvement de son concerto nous sommes vite frappés par des imprécisions rythmiques. Traditionnel duel dans ce genre d’œuvres entre le chef et le soliste. C’est à celui qui ira le plus vite entre Nikolaj Znaider aux allures de François Damiens, et Lionel Bringuier. Dommage. Le talent est pourtant indéniablement là. Le second mouvement est beaucoup plus réussi. Le soliste propose une très solide interprétation parfaitement juste et le chef est assuré, précis et simple. Malheureusement dans le troisième mouvement on retombe dans les travers du premier. Un très fort éternuement dans la salle, une pièce de Bach en rappel et nous voilà déjà à l’entracte.

Nous nous réinstallons pour la symphonie n°7 de Beethoven. Le démarrage est très rapide. Dommage pour les flûtes à qui l’on enlève un peu de leur présence. Au-delà de ça, belle direction, avec une vision d’ensemble de la part de Lionel Bringuier au service total de la partition. Pour le deuxième mouvement, ambiance yeux mi-clos, le chef est profond et lyrique mais le tout est un peu lisse. Et c’est la même impression que nous avons dans le troisième mouvement qui est impeccable mais presque trop. Enfin le quatrième mouvement est attaqué avec vigueur et force, on adhère.

Le chef est impressionnant et l’orchestre est excellentissime. Notre jugement sur l’interprétation n’engage que nous mais objectivement, impossible dans cette symphonie de ne pas reconnaître le talent exceptionnel des artistes présents sur scène surtout dans le quatrième mouvement. Nous avons vu un très grand chef diriger. Deux rappels avec une pièce contemporaine aux sonorités très cinématographiques et l’ouverture des Noces de Figaro mais nous commençons à fatiguer, le concert est long.

Avis un peu partagé donc pour cette soirée, mais nous retournerons voir sans hésiter cet Alma Chamber Orchestra et nous confirmons notre fascination pour Lionel Bringuier.

La dernière fois à Pleyel qu’avions-nous entendu?

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