Inflation à l’opéra

© Хомелка - Wikimedia

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Louis démarre l’année en prêtant une oreille toute attentive à un phénomène symptomatique de notre époque.

La part du public dans de grandes structures culturelles françaises va connaître une baisse sensible. Le Louvre, Orsay, la Comédie Française… Tout le monde va devoir se serrer la ceinture. Pour l’Opéra National de Paris cette baisse se traduira pas une augmentation du prix du ticket d’entrée. 10% d’augmentation en moyenne. Quand on voit que pour Werther il faut déjà débourser jusqu’à 180€ on craint le pire… Vraiment? Non. Nuançons.

 

  • Les catégories

En fonction des œuvres et de la salle (Bastille ou Garnier) on compte entre 5 et 8 catégories. Par exemple pour La Bohème, prochainement à l’opéra Bastille, la salle est découpée en huit catégories et les tarifs vont de 15€ à 180€. Hors l’augmentation de 10% ne concerne « que » les trois premières catégories. L’administration de l’opéra annonce même avoir mené une enquête auprès de ses abonnés qui accepteraient l’augmentation sans hurler au scandale. Si tout le monde est content…
Le prix des autres catégories est préservé.

 

  • Les jours de représentation

Les vendredi et samedi sont traditionnellement beaucoup plus prisés que les représentations en semaine. Du coup l’augmentation sera modulée en fonction des jours : les fins de semaine, le prix des places pour les trois premières catégories pourra donc connaître une flambée de 20% alors qu’en semaine, du lundi au jeudi, les tarifs connaîtront même une baisse.

 

  • Un alignement européen voir international

L’opéra de Paris n’a de cesse d’avancer l’argument de ne pas être un opéra cher en comparaison avec nos grands voisins européens : pour le Royal Opera House de Londres le ticket peut atteindre plus de 200 £, la Scala de Milan affiche une première catégorie à plus de 220 € et on ne parle même pas de New York qui culmine en tête avec 430$ pour un siège en première catégorie…

Encore une fois nuançons! Il s’agit des plus grandes salles d’opéra d’Europe et même du monde. Si on ramène la comparaison à des salles prestigieuses dont le rayonnement est à peine moins puissant que le quatuor de tête Paris/Vienne/Milan/Londres on arrive à des tarifs beaucoup plus acceptables : Amsterdam et Rome affichent un prix maximum de 150/160€. Quant à Berlin, le Deutsche Oper peut être fier avec sa première catégorie à 90€. Mais la concurrence des opéras berlinois offrent un contexte bien particulier.

Bref, avec un ticket autour de 200€, l’Opéra National de Paris n’a ni à avoir honte, ni à être fier. C’est dans la fourchette. Ce dont l’Opéra National de Paris peut être fier, c’est son taux de remplissage ainsi que son ouverture aux publics jeunes et moins habitués au monde lyrique.

Et dans la programmation ? Que faut-il retenir ?

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One thought on “Inflation à l’opéra

  1. Ping : L’apport de la culture à l’économie en France | louisleclassique

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