Concert : Frank Braley, Enrique Mazzola et l’ONDIF Salle Pleyel

 ©  xiaming - Flickr

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Après le clavecin au Théâtre des Bouffes du Nord, Louis continue ses sorties musicales avec un rendez-vous très prestigieux : une soirée Salle Pleyel avec l’Orchestre National d’Île de France (ONDIF pour les intimes) et son directeur musical Enrique Mazzola et accompagné au piano par Frank Braley.

Sur le papier tout, vraiment tout nous séduit. D’abord l’orchestre. L’ONDIF est notre orchestre préféré. Nous l’avions découvert sous la baguette de Yoel Levi et nous avions découvert un orchestre uni, puissant et fort. Nous avions aussi découvert deux premiers violons (Ann-Estelle Médouze et Alexis Cardenas) particulièrement talentueux.

Aujourd’hui avec Enrique Mazzola nous sommes comblés. Ses directions d’opéras nous ont marqués. Bouillonnant, son dynamisme se traduit par un investissement total dans les œuvres. Tout ce qu’il touche devient vivant et prend les couleurs d’un tableau de maître.

Au piano le beau Frank Braley. Faut-il encore présenter ce soliste adoré des scènes parisiennes ? Véritable incarnation de l’élégance à la française tant personnellement que musicalement, Frank Braley fait partie de ces musiciens français connus et reconnus en France et à l’international. Ses enregistrements, sa collaboration régulière avec les frères Capuçon, tout plaît chez lui.

Au programme ? Le prélude de l’acte I de La Traviata, le concerto pour piano n°20 de Mozart et la symphonie n°1 de Tchaïkovski.

On démarre avec Verdi et ce prélude magique qu’est le prélude de l’Acte I de La Traviata. Impression de soleil levant, drame imminent… Résultat ? Très bien. On a envie que l’opéra démarre. Un phrasé très appuyé qui nous séduit totalement. Enrique Mazzola montre dès le début du concert son goût pour le lyrisme et la direction d’opéra. Bravo aux premiers violons qui servent la mélodie avec le talent d’un conteur. Seule petite ombre au tableau : peut-être avons-nous jugé que le tempo était un peu trop lent. Mais juste un peu.

On continue avec le fameux concerto n°20 de Mozart et Frank Braley au piano, qui était déjà sur scène pendant le prélude. On oublie très vite l’envie que l’on avait que l’opéra de Verdi démarre. L’orchestre fait preuve dès les premières notes d’un lyrisme étonnant. Le soliste offre une interprétation élégante et sans fioriture. Son aisance et son assurance permettent de dégager une musicalité franche et éclatante. L’entente entre l’orchestre et le piano est superbe, et l’on s’en rend définitivement compte dans le deuxième mouvement. L’orchestre est encore plus éblouissant et rend le concerto aérien ! Lors du troisième mouvement, on ne sait plus quoi dire sur l’orchestre. Tout est juste, beau et lumineux. Frank Braley, sans s’agiter, joue le morceau au sens propre. Il est totalement dégagé de toute inquiétude quant à la partition.

Mais si nous devions trouver un reproche, c’est justement celui-là. Franck Braley ne fait preuve d’aucune fragilité. Il est solide dans son jeu, rien ne peut lui arriver, du coup il manque peut-être une pointe d’émotion. Et même après un très beau rappel, toujours impeccablement interprété, on a cette impression. Dommage.

Malgré tout on insiste : nous avons adoré ! Oui d’abord pour l’orchestre et le chef mais aussi pour le soliste. La franche accolade que les deux musiciens se donnent à la fin de la première partie fait plaisir à voir mais ne réchauffera pas une salle Pleyel glaciale qui applaudira poliment.

Après l’entracte on se rassoit pour la Symphonie n°1 en sol mineur « Rêves d’hiver » op.13 de Tchaïkovsky. Bravo à Enrique Mazzola qui attaque cette œuvre de 45min sans partition. Le chef dirige réellement avec des idées et une belle puissance dès le premier mouvement. Le second est poétique, vibrant et a été notre préféré. Dans le troisième Enrique Mazzola prend plaisir et s’adresse également à chaque pupitre. Dans le dernier, l’ensemble reste toujours homogène et crée la surprise quant au final grâce à une très belle montée dramatique. Mais par contre, la pièce nous a semblé un peu trop « copieuse » pour une seconde partie. Si l’ensemble est très bon, très bien ficelé, nous y aurions préféré une oeuvre un peu plus légère. Enrique Mazzola revient sur scène pour un rappel rafraîchissant avec la polonaise de l’acte III d’Eugene Onegin toujours de Tchaïkovsky.

Bon, finalement une très belle soirée Salle Pleyel avec un Orchestre National d’Île de France comme d’habitude excellent et on ne s’en lasse pas.

La dernière fois Salle Pleyel nous étions beaucoup plus mitigés.

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