Concert : clôture du Festival Palazzetto Bru Zane au Théâtre des Bouffes du Nord

© GFreihalter - Wikimédia

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Louis n’a qu’à marcher quelques minutes depuis chez lui pour se rendre dans cette salle au charme irrésistible. Depuis samedi 8 juin se déroule le premier festival Palazzetto Bru Zane au Théâtre des Bouffes du Nord. Mais calmez-vous, le festival s’est terminé hier soir avec le concert que nous sommes allés voir.

Le Palazzetto Bru Zane, qu’est ce que c’est ? Il s’agit du centre de musique romantique française. Basé à Venise dans un petit palais, ce centre a pour objectif la découverte la redécouverte et la diffusion du patrimoine musical romantique français, plus précisément « du grand XIXème siècle » nous précise le programme, à savoir 1780 – 1920. On fait évidemment le parallèle avec la Villa Médicis de Rome sauf qu’ici, c’est à Venise, et que la mission est beaucoup plus spécifique.

Pour la clôture du premier festival de ce centre à Paris, c’est un récital rare, un récital pour deux pianos. Au clavier, Jean-François Heisser, le professeur de Bertrand Chamayou au conservatoire, pianiste et chef d’orchestre, grand spécialiste de la musique romantique française. Face à lui, l’élégante Marie-Joséphe Jude, sœur du non moins élégant Charles Jude, directeur du ballet de Bordeaux. Cette pianiste a reçu les enseignements d’Aldo Ciccolini et collabore avec Jean-François Heisser depuis 1997.

Au programme l’ouverture du Vaisseau Fantôme de Wagner, dans une adaptation de Debussy. Le compositeur français nourrissait une fascination pour Wagner et a retranscrit cette ouverture avec deux pianos ce qui lui a permis de respecter l’esprit orchestral de l’oeuvre. Le concert se poursuit avec une découverte, la sonate pour deux pianos de Théodore Gouvy. Nous ne connaissions pas ce compositeur, né en 1819 et présenté dans le programme comme ayant des similitudes stylistiques avec Mozart et Mendelssohn. Enfin, le « gros morceau », la Symphonie Fantastique de Berlioz dans une transcription pour deux pianos de Jean-François Heisser en personne, elle-même inspirée du travail de Charles Bannelier.

Bien, ça s’annonce pas mal, on s’installe confortablement, on relit quelques passages du programme, la lumière s’éteint, ça y est ça commence.

Première surprise au début du concert, la salle a une acoustique très particulière pour ce récital pour deux pianos. C’est très enveloppant et nous ne nous en serions pas doutés dans cette salle. Pour de la musique romantique c’est très agréable même si nous avons été légèrement déstabilisé au début. Autre remarque sur la salle, nous avons été frappé par une écoute exceptionnelle. De mémoire de mélomane, c’est du jamais vu. Pas un toussotement, pas un chuchotement, c’est une salle très remplie, où ne résonne que les notes du piano.

Le programme est magnifique et c’est ce qui nous a attiré en plus de l’attrait du lieu, si atypique. Malheureusement l’interprétation est un peu terne. Aucune fausse note, ça d’accord mais rien de particulier surtout du côté de Jean-François Heisser qui manque même parfois de légèreté et dont le toucher est par moment trop dur. Dans le détail on retiendra une première pièce Wagner/Debussy intéressante, l’alliance des deux compositeurs autour de deux pianos est assez inédite. Mais c’est avec Théodore Gouvy qu’on entre vraiment dans le concert avec ce compositeur effectivement très complet, à la palette de couleurs très large et dont les bases classiques sont très présentes. La pièce est riche et belle. Les deux solistes la servent humblement et sans trembler.

Quant à l’adaptation de la Symphonie Fantastique alors là, bravo. Si l’interprétation nous laisse toujours un peu sur notre faim, l’exécution n’en est pas moins une véritable prouesse. Près d’une heure de musique sans interruption, une technicité pointue, un investissement qui se doit d’être complet afin de ne pas passer à côté de la puissance de cette pièce. C’est quelque chose de très rare qui se joue devant nous. Un récital pour deux pianos c’est déjà quelque chose de peu commun, mais alors entendre la Symphonie Fantastique dans cette configuration et dans le cadre si particulier des Bouffes du Nord, c’est unique. Une petit rappel de Ravel pour finir et le concert touche à sa fin.

On insiste, les deux solistes ne nous ont pas du tout convaincu, mais l’intelligence de ce programme et la complexité de cette dernière pièce de Berlioz ont donné à cette soirée un parfum d’inhabituel et de réussi.

Les Bouffes du Nord, on vous a déjà présenté cette salle dans son ensemble.

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