Concert : John Eliot Gardiner et Stravinski. Le choc des Titans, Salle Pleyel

©  sosico - flickr

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Louis était de sortie hier soir ! Voilà un moment que nous n’avions pas franchi le porche du 252 rue du faubourg Saint-Honoré. La Salle Pleyel accueillait hier le London Symphony Orchestra (le LSO) avec à la direction le grand, au sens propre et figuré, John Eliot Gardiner.

Le concert démarre avec Apollon Musagète, ballet en deux tableaux de Stravinski pur orchestre à cordes. Mais avant la musique nous fûmes surpris de voir monter sur scène le patron de la Cité de la Musique (et donc de la Salle Pleyel), Laurent Bayle, micro à la main. Démarre alors un discours, bien trop long, au cours duquel il revient sur l’ensemble du parcours de John Eliot Gardiner déclarant notamment à son sujet « vous alliez deux forces« , l’ouverture et la tradition. Bon ok. Et ce n’est pas fini ! On commence par se demander pourquoi cette intervention. Laurent Bayle nous parle de la Philharmonie de Paris, salue les mécènes (très nombreux hier soir), s’accorde quelques clichés (la musique comme « vecteur de partage irremplaçable« ) puis souhaite enfin un bon anniversaire au chef qui célèbre en ce moment ces 70 ans. Pas un mot sur Sir Colin Davis. Bon bref, passons, et faisons place à la musique.

Une première pièce toute légère, une petite demi-heure de musique chantante, dans laquelle John Eliot se révèle tout en rondeur, proposant une interprétation moelleuse et lyrique. Les cordes du LSO accompagnent le chef dans sa recherche de volupté. Les notes flottent dans la Salle Pleyel. Le maestro s’amuse et reste en même temps très investi dans l’oeuvre. On peut juste reprocher une certaine monotonie mais il s’agit peut-être plus de la nature de l’oeuvre que de l’interprétation.

On revient après l’entracte encore plus en appétit pour Oedipus Rex, opéra oratorio toujours de Stravinski. Le Monteverdi Choir fait son entrée sur scène, maquillé de manière menaçante. On attend les solistes : Jennifer Johnston, Stuart Skelton et Gidon Saks. On aperçoit celle qui a aiguisé notre curiosité à la lecture de la distribution : Fanny Ardant en récitante. Et c’est une Fanny Ardant blonde qui arrive ! Rouge à lèvres éclatant, taille de guêpe et visage opalin.
Tous les ingrédients sont là. Et on doit l’avouer, nous avons pris une grande claque.
Passons sur les points négatifs rapidement : l’orchestre est très impressionnant mais du coup écrase parfois les solistes. Et parmi eux Créon, Gidon Saks, ne nous a pas convaincu, trop saccadé, un peu froid.
Mais ce sont presque des détails tant on est emporté par la vague déferlante de cette oeuvre puissante. John Eliot Gardiner se débat avec une oeuvre à sa taille, éblouissante, wagnérienne, incontrôlable  hurlante. Et quelle maîtrise ! Gardiner est un véritable chef lyrique, à la fois chef de chœur et chef d’orchestre. Le chœur est très impressionnant, dégageant une force vocale brillante. Parmi les solistes Jennifer Johnston nous a véritablement envoûté. Charnelle, enveloppante, maternelle, hystérique et psalmodiant à la fois.
Enfin Fanny Ardant incarne une récitante très juste, grave au ton pertinent. Très bel équilibre entre comédienne et conteuse.

Un vrai coup de cœur cet Oedipus Rex !

Le LSO, souvenez-vous nous l’avions déjà entendu récemment.

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