Thomas Fersen dans « l’Histoire du soldat » à l’Athénée théâtre Louis-Jouvet

©  Dunechaser - Flickr

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Louis était de sortie hier soir, dans ce théâtre qu’il aime tant, l’Athénée théâtre Louis Jouvet pour un conte musical de Stravinski avec Thomas Fersen dans le rôle principal (l’unique rôle en fait) : « l’Histoire du soldat ».

Spectacle créé à Lyon, à Oullins pour être précis, dans le très dynamique théâtre de la Renaissance, caché dans une banlieue lyonnaise, avec sa programmation éclectique.

L’histoire : un soldat vend son âme au diable pour récupérer un livre qui prédit l’avenir. Cela vous rappelle vaguement quelque chose ? Pourtant, si l’influence faustienne semble indéniable, il s’agit en fait d’un vieux conte russe.
Bon et en fait c’est un peu plus compliqué. Le soldat, de retour de la guerre, rencontre un vieillard. Celui-ci lui propose d’échanger son violon contre un livre qui a le pouvoir de prédire le futur. Le soldat accepte et apprend au vieillard à jouer du violon pendant quelques jours. En fait, il ne se rend pas compte qu’il passe trois années auprès de cet homme qui n’est autre que le diable. Du coup, quand il rentre dans son village, tout le monde l’a oublié. Le violon représente l’âme du soldat, perdue à jamais, tandis que le livre lui, incarne la richesse matériel. Le soldat devient riche, mais ne trouve pas le bonheur.
Un jour on apprend qu’une princesse gravement malade, épousera celui qui réussira à la guérir. Le soldat accourt mais a besoin de son violon pour sauver la princesse. Le diable est déjà sur place. Ensemble il joue le violon au cours d’une partie de cartes. Bien entendu le soldat perd, mais le diable, ivre, baisse la garde et le soldat récupère son violon, sauve la princesse et l’épouse.
Ce n’est pas terminé!
Au bout d’un certain temps, le soldat s’ennuie. Alors il reprend la route, et il recroise le diable, qui l’emporte pour de bon, à tout jamais.

Stravinki écrit ce conte musical alors qu’il est en exil en Suisse pendant la première guerre mondiale. Compositeur et chef d’orchestre russe, Igor Stravinski est notamment connu pour ses musiques de ballets dont « le Sacre du printemps » qui a été créé au Théâtre des Champs-Élysées et qui a provoqué un énorme scandale tant le compositeur bouscule les codes et les formes académiques établis. Après la Suisse et la guerre, il s’installe en France pendant vingt ans avant de partir pour les États-Unis en 1939, dernière terre d’asile, dernière nationalité obtenue. Il meurt à New York en 1971 et laisse un héritage considérable pour la musique du XXème siècle.

C’est Thomas Fersen qui se met dans la peau de ce soldat. Le compositeur-interprète est connu pour sa voix grave et cassée, ses textes poétiques, surprenant (« On ne veut plus les quitter quand on les enfile, essayer c’est adopter les mules en reptile« ) entre Murat, Arno, Hubert-Félix Thiéfaine mais plus joyeux. On adore ! Et l’on n’est pas déçu. Thomas Fersen est surprenant et impressionnant. Il occupe l’espace, habite totalement le personnage du soldat. Son timbre de voix si particulier se prête particulièrement bien à l’œuvre et à la beauté des textes. Un regard pétillant, un jeu de comédien ludique… Bref on adhère. Seul petit bémol quelques petits soucis de prononciation parfois mais on lui pardonne facilement et puis ça fait partie de Thomas Fersen.

Par contre, la mise en scène de Roland Auzet nous a totalement échappé et nous a laissé froid. Et nous ne sommes pas les seuls présents hier soir, à nous être demandé : pourquoi les chaussures? Le plateau est recouvert de chaussures qu’utilise Thomas Fersen au cours de la pièce. Soit il s’agit simplement d’une représentation des gens qui entourent le soldat et là pourquoi pas, soit il s’agit d’une métaphore plus compliquée et là nous n’avons pas compris. Quant au reste : pourquoi les musiciens sont-ils installés sur ce mur? Enfin bref, nous n’avons pas beaucoup aimé.

Un bilan en demi teinte donc.

La dernière fois à l’Athénée théâtre nous nous étions régalés.

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3 thoughts on “Thomas Fersen dans « l’Histoire du soldat » à l’Athénée théâtre Louis-Jouvet

  1. Un mot concernant la mise en scène, ainsi que sur le fait que Thomas joue les trois rôles (le récitant, le soldat, le diable, ce qui contribue aussi à complexifier la compréhension), est la volonté de voir l’Histoire d’un point de vue tout à fait enfantin. Un enfant qui, seul dans sa chambre par exemple, se raconte une histoire, tout seul. Il joue avec ce qu’il trouve sous sa main, les objets de sa chambre étant donc apparemment représentés par les chaussures en grande partie. Il voit un objet qui lui fait penser à quelque chose, et de là il continue son histoire. Cela explique aussi pourquoi parfois on peut ne pas vraiment comprendre de lien entre une phrase, une idée, et une autre. Comme un enfant qui s’invente une histoire, on ne parvient pas toujours à suivre d’un oeil extérieur…

    Quant au placement des musiciens, il s’agit à priori d’une volonté du metteur en scène de « faire voir » la musique, en plus de la « faire entendre ». Casser l’habitude d’un groupe jouant à plat, pour donner l’ensemble et chacun des musiciens à voir à tout le monde, de manière très visuelle.

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