Concert : Fayçal Karoui, David Kaddouch et l’orchestre Lamoureux au service de la musique française

©  visagency - Flickr

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La musique française à l’honneur pour cette après-midi musicale dimanche, avenue Montaigne, au Théâtre des Champs-Elysées.

Debussy et Ravel, les deux contemporains, et Conesson, né en 1970, compositeur français. Trois siècles, trois styles.

Le chef Fayçal Karoui, on l’aime pour son intransigeance (dans la direction), pour sa capacité à être dur et délicat à la fois. On l’aime pour être capable de porter des projets dans les quartiers défavorisés de Pau comme à la tête du New York City Ballet. Mais c’est finalement la capitale qui récupère le chef d’orchestre. Il a récemment pris la direction musicale de l’orchestre Lamoureux. Aurélie Filippetti vient d’annoncer qu’il serait fait Chevalier des arts et des lettres très prochainement.
Au piano, le jeune David Kaddouch. Pas encore 30 ans, originaire de Nice, la mèche rousse sur le front, le pianiste a le vent en poupe. Il fait partie de cette génération de jeunes musiciens beaux et plutôt talentueux qui ravissent les plus jeunes comme les plus âgées. Et pourtant son jeu manque en général d’un peu de profondeur mais apporte une certaine fraîcheur et innocence. Son album consacré à Schumann (chez Decca) est une réussite.
Quand à l’orchestre Lamoureux, il fait partie, notamment avec l’orchestre Pasdeloup, du « second cercle » des orchestres parisiens, au passé glorieux mais qui ont du mal à se faire aujourd’hui une place entre les grands ensembles de la capitale.

Le concert démarre avec une œuvre symphonique courte de Claude Debussy. Ce dernier compose Prélude à l’après-midi d’un faune d’après un poème de son ami Mallarmé. Un faune, personnage mythologique mi homme mi bouc, se réveille au bord d’un marécage. Il fait très chaud. Des nymphes passent. Le faune tente de les attraper mais en vain. Alors, déçu, il se rendort.
Musicalement on a donc une partition très poétique, narrative. L’orchestre sert parfaitement cet esprit et offre une belle unité. La musique semble sortir d’un souffle, d’une respiration profonde. Le chef est dans la retenue, et sa direction est délicate. Bref, un sans faute.

Suite avec le concerto pour piano et orchestre de Maurice Ravel. Le morceau a clairement des inspirations ibériques. Ravel est natif du pays basque et c’est au cours d’une promenade dans les collines qu’il aurait trouvé l’inspiration pour ce concerto.
Fayçal Karoui revient donc sur scène avec David Kaddouch. Le jeune soliste démontre une belle maîtrise technique. Le premier mouvement est difficile mais n’oppose aucune résistance au pianiste. Par contre si la maîtrise technique est là, il manque clairement une certaine profondeur et c’est particulièrement frappant dans le second mouvement avec son thème d’introduction lent. Dans le troisième mouvement, David Kaddouch montre un peu plus de personnalité dans son jeu.
L’orchestre est particulièrement bon. Si l’équilibre n’est parfois pas très bien respecté entre le piano et l’ensemble, l’orchestre Lamoureux interprète parfaitement la partition. La direction est presque jazzy. Fayçal Karoui danse.

Après l’entracte, le chef prend la parole pour nous présenter la composition de 2009 de Guillaumne Connesson. The Shining One, concerto pour piano, est inspiré du monde de la « fantaisie héroïque » pour reprendre les termes de Fayçal Karoui. Des êtres de lumière, partagés entre le bien et le mal. Une musique qui dépeint la lumière du soleil sautillante, les plaintes de prisonniers… Bref, on est toujours dans une musique narrative.
Impressionnante techniquement, la partition semble plaire au pianiste et à l’orchestre. Belle interprétation pour ce concerto d’une dizaine de minutes, puissant. Le public est conquis et à raison.

Enfin pour terminer ce concert de musique française, La Mer de Debussy. Mouvant, drappé, La Mer est un chef d’œuvre de la musique symphonique française, et l’une des partitions les plus jouées (regardez les programmes d’ouverture de saisons des orchestres de Radio France, d’Île de France, de Paris…depuis 20 ans). Monumentale, cette œuvre est tardive dans la vie de Debussy et atteint donc des sommets d’harmonie et de sonorité.
Rien à redire, une direction brillante ! Nous avons déjà eu l’occasion de dire combien nous apprécions Fayçal Karoui. Il nous a donné une nouvelle occasion de confirmer notre goût pour ce chef. L’orchestre est également pertinent, subtil, réactif.

Le grand bémol de ce concert, c’est une certaine monotonie. Un programme intégralement consacré à la musique française, on finit par s’ennuyer un peu. Mais ça, c’est une question de goût. Louis n’aime pas trop les programmes à thème unique. Mais c’est personnel. Donc restons sur une impression de réussite.

Le reportage n’est plus disponible en ligne mais souvenez-vous, Fayçal Karoui, on en a déjà parlé.

 

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