Concert : Szymanowski et Brahms par Valery Gergiev, salle Pleyel

 © djkawada - Flickr

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Nous vous avons fait une sélection vendredi dernier des événements du week-end à Paris. Louis s’est rendu à l’un de ces concerts. Direction la salle Pleyel, dimanche, 16h, pour un concert du London Symphony Orchestra, avec Valery Gergiev à la direction, Leonidas Kavakos au violon et Denis Matsuev au piano.

Originaire de Grèce, Leonidas Kavakos est un virtuose du violon. Mozart, Beethoven, Paganini… Tout lui va. Ses enregistrements sont toujours très remarqués. Il dirige également soit comme chef, soit comme soliste et chef avec des orchestres variés : Boston, Radio Finlandaise, Vienne… Dans ses futurs projets, une tournée avec l’incroyable Yuja Wang la saison prochaine.
Denis Matsuev est un pianiste d’origine russe, lauréat triomphant du très célèbre Concours International Tchaïkovski en 1998 il collabore aujourd’hui avec les plus grands chefs et les plus grands orchestres dans les salles du monde entier. Les projets de Denis Matsuev dans les saisons prochaines font tourner la tête. En récital ou avec orchestre, le prodige risque d’être beaucoup dans l’avion, d’Israel à Philadelphie, en passant par Tokyo et Lucerne. Denis Matsuev est notamment très reconnu pour sa maîtrise de Rachmaninov.
Le London Symphony Orchestra est l’un des meilleurs orchestres européens. Parmi ses chefs permanents l’orchestre a connu Claudio Abbado, Sir Colin Davis, Adward Elgar… et aujourd’hui des collaborations avec Daniel Harding, Simon Rattle, Pierre Boulez… Le London Symphony Orchestra est régulièrement invité Salle Pleyel et est orchestre résident au Festival d’Aix-en-Provence.

Enfin, Valery Gergiev, le chef, russe, puissant, calme, solide, dirige avec sûreté. Il est le chef permanent du London Symphony Orchestra, successeur de Sir Colin Davis. Également directeur artistique et directeur général du théâtre Mariinsky il est le fondateur de nombreux festivals : Moscou, Saint-Pétersbourg mais aussi Rotterdam entre autres. Il se dégage de lui une puissance calme, impressionnante. Couvert de distinctions en Russie et à l’étranger, il est décoré Officier de la Légion d’Honneur.

Les présentations sont faites ! On attaque les choses sérieuses.

Au programme, on démarre avec Karol Szymanowski. Compositeur né en 1882 dans une Ukraine alors russe, et au passé polonais, il sera régulièrement désigné successeur de Chopin au cours de sa carrière. Influencé par les airs traditionnels, Karol Szymanowski est fasciné par Wagner, Strauss et Stravinski.
Le concert démarre avec la Symphonie n°4 dite « concertante« . A la base un concerto pour piano et orchestre, le compositeur la transforme ensuite en symphonie. Elle démarre tout en douceur mais avec une tension omniprésente et qui finit par éclater. Techniquement très difficile pour le pianiste Denis Matsuev qui ne ménage pas sa peine et se débat avec cette partition et la maîtrise lui donnant par moments les airs d’un concerto de Rachmaninov. Valery Gergiev est dans l’économie de mouvements, très concentré, surtout sur la rythmique. On sent un grand travail en amont, l’orchestre a reçu des directives en répétitions, par besoin d’en rajouter au moment du concert.
Après un premier mouvement très impressionnant, la symphonie se poursuit, plus aérienne, mais peut-être plus puissante dans la lenteur, puis dans l’accélération à nouveau. Pas de répit pour le soliste qui continue de prouver sa grande maîtrise. Le chef reste dans l’économie d’énergie mais où tout est étudié. Bravo aux cuivres qui doivent être présents mais pas écrasants et qui trouvent le juste milieu.
Très belle acclamation. Le pianiste la mérite. Il offre un rappel au public parisien qui nous permet de reprendre notre souffle après cette folle épopée pianistique.

On poursuit avec le Concerto pour violon n°2 du même compositeur. Une utilisation similaire du soliste. L’instrument est mis en avant. Ici le violon est très exploité, quasi omniprésent dans une partition à l’exécution techniquement complexe et qui en plus demande une profondeur conséquente. Leonidas Kavakos entre sur scène en saluant très chaleureusement le premier violon, c’est agréable comme entrée, loin de l’école russe au salut froid et mécanique. Mais il manque peut-être un peu de vigueur ou de folie. Le problème c’est que l’œuvre ressemble à la précédente sauf que celle-ci est pour violon mais forcément on a envie de comparer et le pianiste a été plutôt magistral. Du coup cela paraît un peu monotone même si le violoniste maîtrise sans aucun problème la partition et ne démérite absolument pas. En rappel, un Caprice de Paganini. Bravo pour l’audace, après un concerto jouer un Paganini, c’est généreux.

Après l’entracte, le concert se termine avec la Symphonie n°4 de Brahms. Pas de surprise comme avec Karol Szymanowski, la symphonie avec Brahms est une vraie symphonie sans soliste, en quatre mouvements. Tout va bien. Dernière symphonie du maître allemand, qui la définit comme la « triste symphonie« , en forme de testament musical, la Symphonie n°4 de Brahms offre des couleurs et des lumières exceptionnelles.
Valery Gergiev est très précis dans le démarrage, laissant le temps à la salle de faire le silence complet installant une attente en forme de suspens. Plus investi corporellement, le chef s’agite, porte plus d’attention aux effets d’ensemble et aux nuances. Bras ouverts, mouvements amples, il appuie la mélodie et accompagne les effets de style généraux pour un rendu plus lyrique, plus narratif.
Il y a une simplicité dans la direction qui nous permet de bien comprendre où Valery Gergiev veut nous amener.
Le final est très expressif, un véritable tourbillon de fin, beethovénien. On oublie les musiciens et le chef, on est porté par la musique qui semble provenir de partout et de nulle part à la fois, dans une salle très attentive qui offre au chef russe de longs applaudissements en forme d’au revoir et à très bientôt.

Poursuivez la découverte avec la Symphonie n°3 de Brahms.

 

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2 thoughts on “Concert : Szymanowski et Brahms par Valery Gergiev, salle Pleyel

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