Concert : Emmanuel Krivine et Nelson Freire mettent la Salle Pleyel à l’heure allemande

 ©  Florian Pennec - Flickr

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On vous en a parlé vendredi dernier dans la sélection des concerts du week-end. Samedi soir, la Salle Pleyel a accueilli le chef Emmanuel Krivine, le pianiste Nelson Freire et l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg. Au programme Mendelssohn, Schumann et Strauss.

Emmanuel Krivine, nous avons déjà eu l’occasion de le dire, on l’aime beaucoup. Directeur musical de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg et chef principal de la Chambre Philharmonique, il se consacre d’abord à l’étude du violon avant de se tourner vers la direction. Élégant et sobre, sa direction est toujours très juste, professionnelle, sans effets inutiles.
Nelson Freire est un pianiste brésilien. Il démarre très tôt sa carrière et effectue déjà des tournées internationales à l’âge de 15 ans. Il fait partie des « très connus », est invité partout, joue avec tous les orchestres les plus renommés… Il a sorti en septembre un album consacré à la musique brésilienne du XIXème siècle à nos jours.
Quant à l’orchestre, il bénéficie d’une excellente réputation et ce notamment grâce à la collaboration avec Emmanuel Krivine.

Le concert démarre avec un œuvre courte et célèbre, Les Hébrides de Felix Mendelssohn. Compositeur allemand de la première moitié du XIXème siècle, Mendelssohn dirige Bach à vingt ans. Il fonde avec son ami Robert Schummann un conservatoire à Leipzig qu’il dirige et qui très vite, acquiert une très bonne réputation dans toute l’Allemagne. Il meurt la même année que sa sœur, en 1847, à l’âge de 38 ans, après avoir été le compositeur le plus connu d’Europe.

Les Hébrides est une ouverture pour orchestre, rendant hommage à l’archipel écossais des Hébrides. La musique dépeint une ambiance maritime, avec une tempête qui approche, on peut parfois trouver dans les thèmes des airs de ressac.
Emmanuel Krivine comme à son habitude, dirige avec précision et justesse. L’orchestre suit, sans problème, et le résultat de cette partition musicalement impressionniste, c’est dix minutes de fraîcheur. On y est, on y croit. Les couleurs sont respectées et ne sont ni criardes ni pastels, juste ce qu’il faut.

Du coup, on est impatient d’entendre la suite, à savoir le fameux concerto pour piano de Schumann par Nelson Freire !
On reste en Allemagne de la première moitié du XIXème siècle avec ce compositeur ami de Mendelssohn. Nous avons déjà croisé Schumann plusieurs fois. Dépressif, amoureux, romantique… Schumann a tout pour plaire. Son concerto fait partie des œuvres incontournables pour le piano. D’abord conçu comme une fantaisie pour piano et orchestre, l’œuvre est ensuite enrichie de deux mouvements pour devenir le concerto que nous connaissons aujourd’hui.
Avec la sobriété du chef et celle du pianiste, l’œuvre ressort sublimée. Nelson Freire propose une interprétation simple, claire. Un premier mouvement sans excès qui rend hommage aux instruments et à la partition. Le soliste comme Emmanuel Krivine ne cherchent à aucun moment à tirer la couverture à eux, au contraire, on a presque tendance à les oublier tant la musique vit par elle-même sous leurs doigts.
Un deuxième mouvement toujours entre puissance et douceur. Tout continue de fonctionner. Mention spéciale à l’orchestre, excellent, qui trouve sa juste place. Très concentré, Nelson Freire se tourne régulièrement vers le chef. C’est très appréciable, nombreux sont les solistes qui oublient de le faire.
Un final solide, droit au but, sans fioritures. C’est reposant et impressionnant à la fois.

Très applaudi, Nelson Freire revient pour un rappel lumineux, tout en subtilité. Puis un deuxième, toujours dans la même veine. Et le public en redemande ! Mais cette fois, le pianiste ne revient pas. Un lecteur érudit du blog, nous a précisé qu’il s’agissait pour le premier rappel de « L’oiseau prophète » de Schumann et des « Jeunes filles au jardin » de Federico Mompou pour le second. Merci à lui !

Entracte. On reprend ses esprits, on redescend sur terre.
L’orchestre revient en grand effectif avec Richard Strauss (à ne pas confondre avec Johann Strauss et ses valses de Vienne). On est toujours en Allemagne mais cette fois à cheval sur les XIXème et XXème siècles puisque Richard est né en 1864 et mort en 1949. D’aucuns disent de lui que c’est le dernier grand romantique. Son œuvre est très fournie. On connaît surtout de Richard Strauss ses opéras mais aussi ses poèmes symphoniques comme Ainsi parlait Zarathoustra, composé trois ans avant un autre poème symphonique interprété lors de ce concert : Une Vie de Héros. L’œuvre est bouillante, l’orchestre est exploité à son maximum, les pupitres sont associés différemment, certains instruments ont leurs instants de gloire… une vraie passerelle entre classicisme et modernité.
Un gros morceau donc, après la douceur de Schumann. L’orchestre semble s’approprier la partition avec une facilité déconcertante. Imperturbable, Emmanuel Krivine dirige cette œuvre aux mille influences avec talent, encore une fois. D’un simple geste, d’un regard, le violon gagne en douceur, les cuivres en puissance. Bref, bravo.
Fait plutôt rare, le chef revient et offre un rappel avec l’orchestre. « Même nom d’auteur mais petit contraste » précise-t-il au public avant de démarrer une rapide polka d’un autre Strauss qui donne à cette fin de concert des allures de concert de Nouvel An. On adore !

Encore visible sur le site de la Cité de la Musique.

Le concerto de Schumann nous avons déjà eu l’occasion de l’entendre souvenez-vous.

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