Carmen : le nouveau scandale, actuellement à l’Opéra National de Paris

© jenspletsch - Flickr

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La Bastille n’a pas fini de trembler. La Révolution française n’a qu’à bien se tenir. La nouvelle production de Carmen de l’Opéra National de Paris déclenche une vague d’indignation qui pourrait bien faire tomber la colonne Juillet.

Les réactions sur Twitter sont plutôt violentes. Une « mise en scène nulle et bête » pour Pierre Bergé, un public parisien arrogant pour Alexandre Tharaud… « un gag », « complètement raté »
Deux raisons principales à cette agressivité.

D’abord la mise en scène signée Yves Beaunesne. Homme de théâtre reconnu, né en Belgique, il s’est tourné vers la mise en scène d’opéra récemment notamment avec Werther en 2006 à l’Opéra de Lille, et avec Orphée aux Enfers en 2009 au Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence. Donc, sur le papier, il a tout pour lui. Les metteurs en scène de théâtre ont la côte en ce moment dans les murs des maisons d’opéra et une collaboration au festival d’Aix est bon signe. Et pourtant, le voilà au cœur de la tourmente.
En situant Carmen dans l’Espagne de la fin des années 1970 sortant difficilement du franquisme, Yves Beaunesne fait un choix qui ne fait pas l’unanimité. « L’Espagne rêvée que je peux me faire aujourd’hui, elle parle d’abord d’Almodovar et de la Movida », « C’est une Espagne qui a une parole forte ». Certes, mais cette parole ne semble pas plaire.

Mais le scandale, l’élément qui a déclenché le plus de réactions sur Internet : Carmen est… blonde ! Et ça, a priori, ça ne passe pas. La belle cigarière ne peut pas avoir des allures de Marylin Monroe et Marisa Paredes (égérie d’Almodovar). Des plus jeunes, censés être plus progressistes, aux plus âgés, pas un commentaire qui soutienne ce choix scénique.
Il faut dire que c’est une « astuce » déjà utilisée à plusieurs reprises notamment en 2003 dans la Traviata à Aix-en-Provence avec Mireille Delunsch dans une mise en scène de Peter Mussbach et qui avait déjà fait couler beaucoup d’encre, Violetta étant alors partagée entre Marylin Monroe et Lady Diana.

Vocalement, pareil, beaucoup de critiques pour Anna Caterina Antonacci (Carmen) et Nikolai Schukoff (Don José). Plus d’engouement pour Ludovic Tézier (Escamillo) et Genia Kühmeier (Micaela). Mais surtout, tout le monde est d’accord, une direction musicale de Philippe Jordan brillante.

Alors on y va ? On n’y vas pas ? Pour le goût du scandale on dit oui ! Et puis une Carmen sans scandale, c’est un peu comme du champagne sans bulles.  Du 4 au 29 décembre à l’Opéra Bastille.

Carmen, souvenez-vous, avait déjà provoqué un scandale à Lyon, on en avait parlé.

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2 thoughts on “Carmen : le nouveau scandale, actuellement à l’Opéra National de Paris

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