Critique CD : Bach, à nouveau entre les mains de David Fray

 © mollypop - Flickr

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Une sortie CD à la Une du jour. Bach, les partitas n°2 et 6 et la Toccata en ut mineur, le tout servi au piano par David Fray. On adore ? On déteste ?

Le beau pianiste à la mèche et à l’accent chantant, est né à Tarbes en 1981. Il démarre très tôt sa carrière et est très vite couvert de prix. « Révélation soliste instrumental de l’année » en 2008 aux Victoires de la musique classique, il remportera le prix de « soliste instrumental de l’année », en 2009. La liste de ses collaborations est interminable (des orchestres américains, aux phalanges allemandes en passant par la France). Il est également un incontournable des grands festivals : Folle journée de Nantes, la Roque d’Anthéron, Montpellier, Colmar…

Une discographie riche et récente. Il a déjà enregistré un album consacré à Bach en 2008, avec les concertos pour piano. Mais nous avions surtout écouté l’album Schubert en 2009 et nous n’avions pas beaucoup apprécié. Sans intérêt, parfois rigide, parfois sirupeux, mais toujours dans la justesse. Alors cette fois-ci qu’en est-il ? On fait abstraction du sourire ravageur et du regard pétillant du soliste pour ne se concentrer que sur la musique.

« Bach c’est une musique qui ne se satisfait pas de petits arrangements ou de compromis » d’après les mots du jeune pianiste. Met-il en application cette opinion ? A la manière d’Hélène Grimaud, on retrouve un côté un peu scolaire dans le jeu du pianiste. Mais pour Bach cette discipline peut s’avérer parfois utile.
« Austérité« , « sensualité« , « énergie« , « danse« , « jubilation« … David Fray trouve les mots justes pour définir la musique du maître allemand. Et on le ressent dans son interprétation car effectivement, on retrouve cette double identité entre rigueur et générosité.

Malgré cela, on reste un peu sur notre faim. La Toccata donne à l’album une note de fraîcheur et la Partita n°6 est plus intéressante que la n°2 mais de manière plus générale, l’album manque un peu d’éclat soit par choix de programme qui ne se renouvelle pas, soit par l’interprétation peu originale (mais comment offrir une interprétation originale avec Bach !).

Très inspiré David Fray ressent « une impression de dieu construisant l’univers » au sujet de la Gigue, mouvement final de la Partita n°6. Admettons. C’est tout à l’honneur du pianiste de ne pas oublier la force de la religion et de la spiritualité dans l’oeuvre de Bach.

Bon donc un album qui ne présente aucune faute à proprement parler. David Fray est juste et pertinent dans ces deux Partitas et cette Toccata de Bach mais il n’a pas l’éclat qu’offre Alexandre Tharaud par exemple.

Pas à éviter, mais pas nécessaire non plus.

La dernière fois nous avions écouté l’album de Rolando Villazon.

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