Critique CD : Verdi, Villazon. Rencontre au sommet ou rendez-vous manqué ?

© Jason ‘Sunshine’ Carswell – Flickr

Un album sur les grands airs de Verdi un mois avant Noël ? Un peu tarte à la crème. Personne n’est dupe. Mais l’album vaut-il la peine d’être offert ?

Théoriquement, Rolando Villazon a de quoi nous régaler. En plus d’une voix exceptionnelle le ténor se paie le luxe d’une grande générosité vocale, n’hésitant pas à nous offrir ce qu’il a de meilleur à la moindre occasion. D’un naturel amical, drôle et pétillant, l’écouter se consacrer à Verdi devrait être superbe.
Rolando Villazon nous avait déçu avec son album « Mexico ! ». Reprendre des airs comme Besame mucho ou le thème de la Cucaracha avec un ensemble de musiciens traditionnels mexicains n’était pas une franche réussite. Il s’agissait pour certains de rendre hommage à ses racines, pour d’autres de faire un album commercial et pour d’autres encore de rentrer dans une caricature d’assez mauvais goût.

Rolando Villazon est né en 1972 à Mexico. Il entre à 11 ans à l’Académie des Arts du spectacle. A 40 ans, il est aujourd’hui l’un des plus grands ténors au monde. Après des problèmes de santé l’ayant empêché de remonter sur les scènes d’opéra, il s’essaie il y a quelques années à la mise en scène avec Werther à l’Opéra de Lyon mais la critique n’apprécie que modérément l’univers du ténor. Certaines de ses interprétations sont inoubliables. En 2005 sa participation au Festival de Salzbourg dans la Traviata avec Anna Netrebko fait date.

Alors cet album?
Première chose frappante : la couverture. Rolando Villazon nous envoie un regard aguicheur s’accrochant au rideau de velours bordeaux d’une scène d’opéra. Et il porte lui-même une veste de velours de la même couleur ! Comme c’est amusant.
Rien à redire sur cet album mais c’est justement ça le problème. Aucune fraîcheur, on ne redécouvre pas franchement l’univers de Verdi et l’interprétation du ténor, si elle est juste, est également commune.

Mais finalement, est-ce que cela ne fait pas du bien de revenir aux basiques ? A-t-on toujours besoin d’aller fouiller dans les greniers de la musique pour dénicher un compositeur oublié par l’histoire ou de chercher absolument la nouveauté en utilisant des instruments d’époque, une nouvelle orchestration… Oui évidemment que c’est intéressant mais de temps en temps il est aussi agréable d’arrêter de réfléchir et de juste profiter du lyrisme d’un compositeur tel que Verdi.
Villazon flirte parfois dangereusement avec la frontière de l’exagération mais sans jamais la franchir. Le choix des airs est pertinent et offre un ensemble homogène (encore une fois on aurait pu choisir des choses totalement différentes mais ce n’est clairement pas la ligne directrice de ce projet). On met l’album, on se laisse porter par des mélodies envoûtantes et par un timbre chaleureux pour un résultat entraînant.

Sans surprise mais sans fausse note, parfait pour Noël !

Rolando Villazon, souvenez-vous on en avait parlé pour un récital.

 

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3 thoughts on “Critique CD : Verdi, Villazon. Rencontre au sommet ou rendez-vous manqué ?

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