Concert : soirée Schumann à la Cité de la Musique avec Renaud Capuçon et Yannick Nézet-Séguin

© stephanemartin – Flickr

Au début du mois, le Chamber Orchestra of Europe a fait une mini résidence parisienne, donnant plusieurs concerts sur le thème de Schumann, dans l’objectif d’interpréter l’intégrale de ses symphonies tout en permettant de découvrir d’autres œuvres, venues compléter le programme. Ainsi, le 3 novembre, autour de la troisième symphonie, a-t-on pu entendre Renaud Capuçon dans le concerto pour violon.

Ambassadeur culturel européen depuis 2007, le Chamber Orchestra of Europe est composé à la base, de musiciens de l’orchestre des jeunes de la communauté européenne devenus trop âgés pour continuer à faire partie de cette formation et qui ont souhaité poursuite l’aventure musicale. Sans directeur musical ni chef attitré, l’orchestre collabore avec les plus grands. Très investi dans les programmes éducatifs, le CEO a sa propre académie et décerne des bourses à des musiciens en formation.
Le jeune chef canadien Yannick Nézet-Séguin a connu une carrière rapide, à la hauteur de son talent. Il partage son temps en tant que directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Rotterdam, de Philadelphie, en tant que directeur artistique de l’Orchestre Métropolitain de Montréal et en tant que chef invité principal de l’Orchestre Philharmonique de Londres, rien que ça.
Quant à Renaud Capuçon, est-il encore besoin de le présenter ? Violoniste français, véritable virtuose, il redonne ses lettres de noblesse à la musique de chambre soit avec son frère au violoncelle, ou avec Frank Braley, Nicholas Angelich, Gérard Caussé… en duo, trio, quatuor pour redécouvrir Brahms, Fauré, Beethoven… Également à l’aise dans les plus grands concertos, il collabore avec les orchestres du monde entier.

Robert Schumann est un compositeur allemand du XIXème siècle. Ses parents souffraient de troubles mentaux et sa sœur se suicida alors que le jeune Schumann n’avait que 16 ans. Il étudie le droit mais se passionne très vite pour la littérature et la musique. Il rencontre Clara, grande source d’inspiration pour le compositeur, lors de leçons prodiguées par le père de cette dernière. Pour pouvoir l’épouser, il dut attendre une décision de justice, redonnant sa liberté à Clara dont le père refusait farouchement qu’elle épouse le compositeur. Dépressif, il fera une tentative de suicide, sera interné, et mourra, deux ans après son entrée à l’asile d’Endenich. Destin tragique pour ce grand compositeur dont les partitions sont teintées de tristesse, de poésie et de lyrisme.

Le concert démarre par une pièce courte, l’ouverture de Manfred de Schumann. Superbe page de la musique romantique, inspirée d’un poème de Lord Byron traitant de la culpabilité d’un homme amoureux de son double féminin. Musicalement c’est magnifique, chantant et symphonique à la fois pour cette pièce composée en 1848.
Et le rendu du Chamber Orchestra of Europe respecte ce souci de puissance et de force dramatique. Il manque parfois un peu d’unité dans l’orchestre. Plein de fraîcheur, de dynamisme, le chef est inspiré par la partition et ne se ménage pas pour la direction.

Puis c’est au tour du concerto pour violon et orchestre en ré mineur. Composé toujours au milieu du XIXème siècle (1853), 3 ans avant la mort du compositeur, le concerto est jugé trop difficile par ses proches après le décès de Schumann. Le concerto ne sera créé… qu’en 1937, à Berlin, dans l’Allemagne nazie dont le régime refusera que le concerto soit joué par Yehudi Menuhin, pressenti pour la création.
Ici, c’est Renaud Capuçon qui s’attaque à la partition. Dès les premières notes, comme à son habitude, le violoniste fait preuve d’une grande maîtrise. Son archet est loin de trembler, l’assurance qui se dégage de son jeu permet une exécution parfaite. Il est l’un des rares solistes à avoir cette solidité dans l’interprétation, très impressionnante. Le début du concerto est ce que nous préférons. Puissance chromatique, envolées romantiques… tout y est. Le deuxième mouvement est un peu monotone. Mais là il s’agit vraiment de notre avis personnel. Le troisième permet de revenir à plus de virtuosité. Là, l’interprétation de Renaud Capuçon manque un peu de nouveauté, de folie. Après, encore une fois, rien à redire, le soliste est un phare dans la tempête, présent, solide, rassurant. Mais peut-être qu’un peu plus de fragilité, de doute, aurait rajouté à la beauté de l’œuvre.

Enfin le concert continue après l’entracte avec la Symphonie n°3 dite « Rhénane » en hommage au fleuve du Rhin et à la cathédrale de Cologne.
Sans ombrage, la symphonie est dans son ensemble exécutée sans beaucoup d’originalité mais sans faux-pas non plus. Le second mouvement manque encore une fois d’un peu de cohésion mais il en ressort malgré tout une belle interprétation. Le troisième mouvement, solennel, le plus lyrique, est superbement joué, clair et avec de beaux effets d’ensembles.

A écouter sur les sites de la Cité de la Musique et d’Arte Live Web.

Schumann, on l’a aussi écouté récemment au Théâtre des Champs-Elysées et on vous en avait parlé.

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2 thoughts on “Concert : soirée Schumann à la Cité de la Musique avec Renaud Capuçon et Yannick Nézet-Séguin

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