Musique de la semaine : La Veuve Joyeuse de Franz Lehár (chanson de Vilya)

© fredpanassac – flickr

Retour à l’opérette aujourd’hui et peut-être avec LA référence de l’opérette, la Veuve Joyeuse.

Louis décide de se pencher cette semaine sur cette référence du répertoire, composée par Franz Lehár, compositeur autrichien d’origine hongroise à cheval sur les XIXème et XXème siècles. Lehár démarre sa carrière comme son père en tant que… chef d’orchestre militaire. Avant cela, il a étudié le violon au conservatoire et c’est Dvorák qui lui conseille de s’orienter vers la composition, rien que ça. Né en 1870 et mort en 1948, Franz Lehár a connu les guerres et l’éclatement de l’Europe. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Hitler aimant la musique du compositeur, il n’a pas été inquiété par le régime malgré son appartenance à l’école viennoise, sa collaboration avec des librettistes juifs et son épouse également d’origine juive. Il aurait néanmoins offert un cadeau au dictateur pour son cinquantième anniversaire et a dirigé lors des concerts pour la réouverture du festival de Salzbourg en 1945.

Grand représentant de l’opérette, parfois surnommé « le Puccini de l’opérette« , il a beaucoup théorisé sur le sujet. « Dans l’opéra, nous observons que la meilleure musique ne peut pas sauver un livret manqué. Il en va tout autrement dans l’opérette. ». Au-delà des textes auxquels Lehár prête donc une attention particulière, sa musique est très riche, l’orchestration est travaillée donnant des couleurs symphoniques à ses opérettes.

Dans la Veuve Joyeuse nous avons sélectionné l’un des airs les plus fameux, la chanson de Vilya. Créée en 1905 à Vienne, et en 1909 à Paris, l’œuvre remporte très rapidement un grand succès.

L’opérette se déroule à Paris autour de la communauté « marsovienne » de Marsovie, principauté d’Europe centrale (a priori qui fait référence au Monténégro). L’ambassadeur à Paris de Marsovie souhaite que la riche veuve Missia Palmieri épouse un marsovien afin que sa fortune ne quitte pas le territoire. Le Prince Danilo est pressenti pour ce mariage, et l’ambassadeur fait appel à sa fibre patriotique et invoque la raison d’État afin que le prince mette tout en œuvre pour concrétiser cette union. En fait, le Prince et la veuve sont amoureux l’un de l’autre mais en raison d’un mariage manqué lors de leurs jeunesses, les deux tourtereaux sont en froid. Bref, Danilo et Missia se cherchent tout au long de l’opérette, se chamaillent, se font des déclarations à demi-mots… Rassurez-vous à la fin tout finira bien.

L’air choisi est l’ouverture de l’acte II. Une grande fête est donnée dans la demeure de Missia Palmieri. Les invités évoquent la Marsovie, musicalement on entend quelques mélodies traditionnelles. Puis Missia arrive, elle chante la Chanson de Vilya, poème lyrique, nostalgique et tendre. L’air offre l’occasion à la soprano d’exprimer en musique, les sentiments de Missia, son mal du pays, son amour inavoué et sa solitude.

Dans les forêts de Marsovie, vivait la dryade, nymphe des forêts, Vilya. Un jour un chasseur la voit et en tombe fou amoureux mais il ne peut la saisir, la nymphe s’enfuit dans les bois et le chasseur ne peut qu’implorer son nom le soir, à la lisière de la forêt. Vous saisissez le parallèle?

« Vilya, ô Vilya, ô mon cher tourment,
Écoute la voix de ton pauvre amant,
Vilya, ô Vilya prends pitié d’un cœur
Qui d’amour languit et meurt.« 

Nous avons sélectionné une version avec Karita Mattila, soprano finlandaise, parfaite pour le rôle de la Veuve Joyeuse. Bouillonante et glamour, elle sublime le rôle.

Nous aimons beaucoup cette soprano que l’on retrouvera en récital bientôt à Paris au Théâtre du Châtelet, on vous en a parlé.

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