Cinéma : « Traviata et nous » dans les coulisses de l’opéra

© m4tik – Flickr

Hier matin Louis s’est isolé dans une salle obscure. Direction un cinéma proche de Beaubourg pour voir le documentaire de Philippe Béziat, « Traviata et nous » avec Jean-François Sivadier, metteur en scène, Louis Langrée, chef d’orchestre, et Natalie Dessay.

Cette dernière, était présente hier soir sur la plateau du Grand Journal avec… Kylie Minogue qui tourne en ce moment avec un orchestre symphonique, personne ne doute de la qualité musicale de cette collaboration de haut vol. Bref, la soprano française, a réussi tant bien que mal à glisser une phrase de promo sur ce film après l’intervention très grossière et très inutile de Sébastien Thoen. C’est à se demander si Natalie Dessay avait réellement sa place dans cette émission.

Mais nous nous éloignons du sujet. En quoi consiste ce documentaire « Traviata et nous » ? 2011, Festival d’Aix-en-Provence, Jean-François Sivadier homme de théâtre, met en scène la Traviata de Verdi. Dans le rôle de Violetta, Natalie Dessay, et dans l’équipe artistique, Louis Langrée, excellent chef d’orchestre. Le réalisateur Philippe Béziat pose ses caméras dans les salles de répétition, dans le public de l’Archevêché (la salle de représentation d’Aix-en-Provence)… Pendant plusieurs semaines il suit le montage de l’opéra.

Le reportage est très bien fait et pour plusieurs raisons. D’abord parce que le réalisateur a fait le choix de construire le documentaire autour de l’opéra c’est à dire que le film parcourt l’œuvre dans son ensemble du début à la fin et dans l’ordre. Ensuite parce qu’il parvient à créer un crescendo dramatique. Plus on avance dans le documentaire moins on voit les séances de répétitions sans costumes, dans une autre salle que la scène de la représentation. Au contraire, on entre au fur et à mesure dans l’œuvre, dans les costumes, les maquillages…

Enfin et surtout, le film est très bien fait parce que le réalisateur parvient à capter le processus de création artistique. De la réflexion du metteur en scène, à la concrétisation sur scène, on peut comprendre le cheminement et la pluralité des acteurs concernés : chanteuses et chanteurs, orchestre, techniciens, et même la pianiste accompagnatrice pour les répétitions. Pour ceux qui souhaitent connaître un peu plus les ambiances des journées de répétitions, le film est assez fidèle.

Philippe Béziat arrive à saisir des regards extraordinaires. Jean-François Sivadier a le regard passionné en regardant Natalie Dessay habiter le rôle, le regard bouillant lorsqu’il réfléchit, le regard ailleurs lorsqu’il explique sa conception et que tout ce qu’il y a autour de lui n’existe plus. Quant à Natalie Dessay, il est passionnant de la voir s’approprier la Traviata. En un claquement de doigt, elle passe de la chanteuse en séance de travail qui plaisante, et s’interroge sur la mise en scène, à Violetta, courtisane amoureuse et mourante.

Instructif et bien fait, le documentaire n’est ni une leçon rébarbative ni un documentaire froid accompagné d’une voix off mais un véritable film, très bien monté, sur la création lyrique.

La Traviata, nous vous en parlions hier, et dans la version concernée par ce film avec Natalie Dessay.

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