La crise des orchestres américains

© J. Stephen Conn – Flickr

Aujourd’hui Louis traverse l’Atlantique, direction les États-Unis. Chez l’oncle Sam, vous ne le savez peut-être pas, mais la crise financière mondiale s’accompagne d’une crise… des orchestres.

Aux États-Unis le mode de fonctionnement est différent. Contrairement à la France où les orchestres sont très largement financés par des fonds publics, les formations américaines sont elles, subventionnées par des fonds privés (environ 40%, les subventions publiques représentent… 4% quant en France elles représentent parfois la quasi totalité des budgets des orchestres). Avec la crise, cette manne financière a fondue. Conséquence ? Des orchestres ont disparu (Florida Philharmonic, San Diego Symphony, orchestre symphonique d’Utica) quand d’autres licencient, réduisent les salaires, gèlent les embauches…

Le très prestigieux Boston Symphony Orchestra considéré comme l’un des meilleurs orchestres au monde a tout simplement annulé sa tournée européenne. L’Orchestre Symphonique de Detroit fait appel à la rock star, ancien compagnon de Pamela Anderson, Kid Rock pour organiser une collecte de fond. A Denver, l’orchestre risque de disparaître et le club de foot local qui lui aussi fait face à des difficultés financières est plus soutenu par les pouvoirs locaux. La liste est encore longue. Des dizaines d’orchestres américains parmi les plus prestigieux au monde ont des ardoises de plusieurs millions de dollars !

Quand en France les orchestres sont nés d’une volonté politique, souvent sous le giron d’une maison d’opéra ou grâce à la radio et son maillage régional (il en résulte aujourd’hui l’Orchestre national de France et l’Orchestre philharmonique de Radio-France, formations musicales de Radio-France) les orchestres américains ont prospéré grâce aux mécènes privés. Chicago par exemple a été soutenu par des hommes d’affaires dès la fin du XIXème siècle. Boston est peut-être l’un des exemples les plus frappant : l’orchestre symphonique de Boston a été fondé par un banquier (Henry Lee Higginson) qui versera 50 000 dollars chaque année pour le fonctionnement de l’orchestre.

La puissance capitaliste compte aujourd’hui des dizaines de formations symphoniques de niveau international. Le peloton de tête, les « big five » (Cleveland, Boston, Philadelphie, Chicago, New York) mais aussi les autres (Los Angeles, Atlanta…) font salle comble quand la Salle Pleyel consacre une partie de sa programmation aux orchestres américains dans sa saison 2011-2012. Muti, Levine, Dudamel… les directeurs musicaux sont également parmi les plus grands chefs au monde.

En Europe la crise frappe aussi les institutions culturelles : l’orchestre de Zurich annonce des centaines de milliers d’euros de déficit, le Liceu de Barcelone a fermé ses portes pendant deux mois, et chez nous à Paris, c’est l’excellent Orchestre National d’Île-de-France qui connaît une réduction notable de ses subventions. Mais pour ce qui concerne la France, les pouvoirs publics sont malgré tout très présents et une situation à l’américaine est improbable.

Alors souhaitons bon courage aux formations américaines, seules dans la tempête.

La crise oui, mais il y a également la Philharmonie de Paris et son budget pharaonique à relire ici.

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2 thoughts on “La crise des orchestres américains

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