Critique CD : Alexandre Tharaud, le Bœuf sur le toit, plaisir et légèreté

© abernmf1 – Flickr

La rentrée musicale chez les disquaires c’est des déceptions avec Khatia Buniatishvili par exemple, mais c’est aussi des pépites comme l’album dont on va vous parler aujourd’hui.

Savez-vous d’où vient l’expression « faire un bœuf » ? L’expression qui signifie, faire une séance d’improvisation musicale avec les musiciens présents autour de soi, vient du cabaret parisien « le Bœuf sur le toit » où la pratique est née de faire de la musique là, comme ça, ensemble. Ce cabaret, lieu mythique de l’entre-deux-guerres, un pianiste classique y rend hommage. Dans un album qui fait se rencontrer Natalie Dessay, Bénabar et les standards du rag time à la française, Alexandre Tharaud fait revivre une période formidable de la vie culturelle et artistique française, celle de Mistinguett, de Maurice Ravel et de Jean Cocteau, du music-hall et de la dévorante envie de vivre des années folles après le massacre de la première guerre mondiale et avant l’horreur de la seconde.

Alexandre Tharaud est un pianiste français. Pas si classique que ça, Alexandre Tharaud a notamment consacré un spectacle à Erik Satie avec François Morel, a travaillé avec Bartabas pour la musique de ses productions équestres, a aussi collaboré sur des musiques de films… Touche-à-tout de talent, il sait décloisonner le classique sans en perdre l’essence. Mais pour revenir à des choses plus académiques, saluons son album consacré à Scarlatti où il fait revivre, sur piano, les œuvres du compositeur italien avec verve et talent !

Des duos délectables sur ce nouvel opus. Notre coup de cœur va à la participation de la chanteuse inclassable Juliette, qui interprète avec une gouaille toute parisienne, « J’ai pas su y faire«  historiquement interprétée par Yvonne George que l’on surnommait « la Reine du Bœuf sur le toit » et « la Muse de Montparnasse », alcoolique et droguée, morte à 33ans. Juliette s’approprie la chanson à un point qui impressionne, absolument pertinente et délectable. Bénabar dans la langue de Shakespeare et Guillaume Gallienne en français, prennent des allures de Maurice Chevalier et cela leur va comme un gant, aucun besoin de singer, il y a juste ce qu’il faut. On ne vous a parlé que des duos, mais les airs interprétés par Alexandre Tharaud sont formidables. Il arrive à faire rire le piano.

On s’y croirait ! Et ça fait du bien, à écouter si vous n’avez pas le moral.

Dimanche 14 octobre, la Cité de la Musique consacre une journée entière à Alexandre Tharaud et à ce disque avec beaucoup de concerts, d’invités…

La dernière critique d’album, on en a parlé au début de cet article, c’était pour Chopin et Kathia Buniatishvili.

 

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5 thoughts on “Critique CD : Alexandre Tharaud, le Bœuf sur le toit, plaisir et légèreté

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