Musique de la semaine : le Stabat Mater de Rossini, force et spiritualité

© L2F1 – Flickr

 

Tous les lundis, Louis se pose une question : Comment a-t-il procédé le lundi précèdent pour son choix de musique de la semaine ? Humeur, réflexion de la veille, hasard, recherche youtube, écoute radiophonique… Il n’y a finalement pas de règle. Par exemple aujourd’hui, Louis est de bonne humeur, il aurait pu choisir une œuvre légère et joyeuse. Au lieu de ça, une œuvre profonde et dramatique.

Stabat Mater, littéralement « la mère debout ».

Il s’agit à la base d’une pièce religieuse que l’on compose pour le 15 septembre, jour de Notre-Dame des douleurs. Le titre Stabat Mater correspond au premier vers d’un poème médiéval, Stabat Mater dolorosa, « debout la mère douloureuse », et évoque la douleur de Marie au moment de la crucifixion de Jésus. Il s’agit donc du début de l’œuvre, et c’est le passage sélectionné cette semaine.

Jusque là, pas vraiment de quoi se réjouir.

Le thème du Stabat Mater a été mis en musique par de nombreux compositeurs : Poulenc, Dvorak, Schubert… Nous, nous avons sélectionné la version d’un homme qui a dévoré la vie, qui aimait les bons repas, les vins fins et qu’on n’attendrait pas dans ce registre : Gioacchino Rossini.
Compositeur italien, « star » de son vivant, Rossini naît en 1792 à Pesaro sur les côtes de la mer adriatique, qui fait partie à l’époque des états pontificaux, l’État italien n’existant pas encore. Il rencontre Beethoven mais le compositeur allemand est déjà sur le déclin, et sa surdité empêche les deux hommes de nouer des liens pérennes. Rossini s’installe à Paris, capitale musicale au XIXème siècle. Il prend la direction du théâtre des Italiens, devient premier compositeur du Roi, Charles X, et inspecteur du chant en France. Dans une Europe secouée par les révolutions, après avoir été célébré dans toutes les salles les plus prestigieuses du moment, Rossini décide de prendre sa retraite musicale. Il ne composera quasiment plus, exception faite notamment de son Stabat Mater.

Une première version de l’œuvre a été composé en 1831 mais Rossini n’en aurait composé qu’une partie. C’est dix ans plus tard, qu’une nouvelle version révisée par le compositeur, sera publiée. En Italie, l’œuvre est créée a Bologne, sous la direction de… Donizetti, rien que ça.
Parfois critiqué pour son « dilettantisme », Rossini est capable d’écrire des partitions très légères, voir bouffonnes, comme de la musique profonde, grave. Homme d’opéra, son Stabat Mater fait la part belle au lyrisme. Œuvre pour chœur, orchestre et solistes, lumineuse, spirituelle, puissante… impossible de rester indifférent aux appels du chœur, aux plaintes des chanteurs et des violons et aux battements des percussions.

Alors oui, dans le texte, cela donne « Dans le chagrin qui la poignait, cette tendre mère pleurait, son fils mourant sous ses yeux« , mais musicalement, écoutez ces envolées, et imaginez que l’œuvre est écrite par un homme qui a connu la gloire (le public allait acclamer Rossini sous les fenêtres de son appartement) et les révolutions, un homme dont Stendhal écrira la biographie du vivant du compositeur et qui le comparera à l’Empereur Napoléon : « Depuis la mort de Napoléon, il s’est trouvé un autre homme duquel on parle tous les jours à Moscou comme à Naples, à Londres comme à Vienne, à Paris comme à Calcutta. La gloire de cet homme ne connaît d’autres bornes que celles de la civilisation, et il n’a pas trente-deux ans!« .

Bonne écoute et bonne semaine, et pour poursuivre l’aventure, nous avons évoqué Donizetti qui a dirigé le Stabat Mater de Rossini à Bologne, et Donizetti, on vous en a parlé la semaine dernière.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s