Concert : Lang Lang, Mireille Delunsch, Paavo Järvi et un programme ambitieux à la Salle Pleyel

© e y e / s e e – Flickr

 

Hier la Salle Pleyel accueillait le pianiste Lang Lang, Mireille Delunsch (qui a remplacé au pied levé Patricia Petibon), avec l’Orchestre de Paris et à sa tête Paavo Järvi.

Programme ambitieux avec des compositeurs du début du XXème siècle : Poulenc, Prokofiev et Stravinsky. Mais cela plaît au chef Järvi.

Pour patienter en attendant la star chinoise du piano, l’orchestre démarre avec deux œuvres de Francis Poulenc, très spirituelles, on serait tenté de dire comme d’habitude avec ce compositeur français. La première pièce plonge immédiatement le public dans une ambiance religieuse d’élévation. Le choeur de l’Orchestre de Paris nous appelle presque à la prière. A la fin de la pièce, tout est silencieux pendant quelques secondes comme si le public terminait sa méditation. Belle introduction !
La suite, c’est le Stabat Mater toujours de Francis Poulenc avec l’arrivée de Mireille Delunsch. Le chœur et l’orchestre s’étoffent, on se prépare à attaquer un plus gros morceau. L’heure est grave, sombre et lumineuse à la fois, Paavo Järvi jongle avec les ambiances avec brio. Mireille Delunsch présente une légère fragilité vocale mais on est presque tenté de dire que cela colle bien à l’œuvre. Le public ne s’y trompe pas, la soprano est très applaudie et nous sommes heureux pour celle qui avait incarné une Traviata inoubliable à Aix-en-Provence pourtant décriée par la critique de l’époque.

Entracte, le temps de se préparer à l’arrivée de Lang Lang et surtout à l’œuvre qu’il aborde, le concerto n°3 pour piano et orchestre de Prokofiev, écrit en 5 ans de 1917 à 1921 en raison de l’exil du compositeur au moment de la Révolution russe. Il finira la composition du concerto… en Bretagne.

Louis doit vous avouer qu’il n’est à la base pas un très amateur de l’exubérance de Lang Lang. Mais il faut bien reconnaître que pour ce premier mouvement très technique et puissant, Lang Lang est très bon et ne s’économise pas. Le public se permet même des applaudissements à la fin du mouvement. Le reste de l’œuvre se déroule sans aucun soucis ni pour le pianiste ni pour l’orchestre. Pourtant, on ne peut pas s’empêcher d’être méchant, on s’ennuie souvent. Si la maîtrise de la partition est indéniablement là, il y a peu de propositions de nuances. Le concerto est impressionnant en lui-même certes, mais pourquoi se priver de toutes les libertés d’interprétations qui s’offrent au soliste ?

Le pianiste nous offre une valse de Chopin en rappel. Après la tornade Prokofiev, on se détend un peu, c’est rafraîchissant et si Lang Lang retombe un peu dans ses excès il donne un coup de fouet à cette pièce que l’on connaît par cœur, la rendant vivante et dynamique. On doit l’avouer, on adore.

Pas de répit, et c’est un peu ce que l’on reproche au programme, Paavo Järvi continue, seul avec l’orchestre cette fois, pour l’Oiseau de Feu de Stravinsky. Solide, l’interprétation est impeccable.

Un concert à écouter sur le site d’Arte Live web et sur celui de la cité de la musique live.

Et si vous aimez Francis Poulenc, on vous avait déjà parlé de ce compositeur lors d’un autre concert…

 

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