Les salles parisiennes : les origines tumultueuses de l’Opéra Comique

© luci_abrudan – Flickr

 

L’Opéra Comique, aussi appelé salle Favart du nom d’un grand auteur prolifique de comédies et opéras-comiques qui a beaucoup œuvré pour redorer le blason du genre « opéra comique », est une vieille institution parisienne.

L’origine de la salle de l’Opéra Comique et du genre en lui-même est un peu compliquée. Pour tenter de faire simple, disons que le genre est né dans une célèbre foire parisienne du début du XVIIIème siècle, la foire Saint-Germain. Dans cette foire une troupe connaît un certain succès grandissant, s’inspirant de différents styles : opéra, théâtre classique, théâtre italien, pour donner des représentations d’un genre nouveau, populaire et dynamique.

A l’époque, la Comédie Française a quasiment le monopole du théâtre et du spectacle vivant en général. Elle voit d’un très mauvais œil l’émergence de ce nouveau genre rapidement baptisé « opéra comique ». Appuyée par l’Académie Royale de Musique (qui elle fait régner la domination du « grand » opéra) les interdictions pleuvent : interdiction de chanter, de parler… Mais rien n’arrête la troupe qui réinvente le genre à chaque interdiction.

Nous sauterons quelques décennies afin d’éviter des détails trop compliqués. Retenons que le style perdure et est reconnu. Sous l’influence de l’auteur Charles-Simon Favart, l’écriture des livrets se fait plus profonde, plus intéressante musicalement. On n’y intègre plus d’airs populaires mais plutôt des petits airs simples, de création originale et on mélange scènes parlées et chantées ce qui définit le genre.

En 1783, pour accueillir ce nouveau genre, est inaugurée la salle de l’Opéra Comique. Au début du XIXème siècle elle subira la concurrence difficile du théâtre Feydeau avec lequel elle finira par fusionner.

Le bâtiment que nous connaissons aujourd’hui n’est pas celui d’origine. Plusieurs incendies ravageront l’édifice. On envisage de déplacer le théâtre place du Châtelet ou aux Buttes Chaumont. On imagine ensuite de donner au théâtre une façade sur le boulevard des Italiens tout proche. Mais finalement on garde le même emplacement. Plus de 15 ans après l’achèvement du Palais Garnier, les travaux de la salle Favart débutent. Écrin caché entre les immeubles, l’Opéra Comique est « craquant » niché sur sa petite place, l’intérieur respecte en tout les allures d’un grand théâtre lyrique classique avec son foyer richement décoré.

L’ouverture de la saison propose Vénus et Adonis, vieil opéra anglais, dans une grande coproduction (Lille, Nantes, Luxembourg…) et qui est une curiosité lyrique à ne pas manquer. Mais le coup de cœur de la saison prochaine est attribué à Cendrillon de Pauline Viardot. Version musicale plus modeste que celle de Massenet, cette Cendrillon est composée par une femme, Pauline Viardot qui a contribué à l’entrée des femmes dans un milieu très très masculin. On ira écouter les nouveaux chanteurs de la nouvelle Académie de l’Opéra Comique sous la direction musicale de Mireille Delunsch, formidable soprano.

Encore de nouvelles choses à découvrir ! Faites le parallèle avec le Palais Garnier !

 

Publicités

2 thoughts on “Les salles parisiennes : les origines tumultueuses de l’Opéra Comique

  1. Ping : Le théâtre des Bouffes du Nord : la Culture à l’état brut « louisleclassique

  2. Ping : Hommage : Jérôme Savary | louisleclassique

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s